Festival de Cannes (4) : Famille je vous hais !

Une journée typique de festival avec le premier film français en compétition et un film qui parle de l’Egypte d’après le printemps arabe. Mais nous ne sommes pas les seuls niçois à Cannes, notre directrice du cinéma Maryam Rousta-Giroud ne ménage pas ses efforts pour présenter la mutation de nos chers studios de la Victorine à la profession.

FRÈRE ET SOEUR (Arnaud Desplechin – France)

Un frère et une sœur à l’orée de la cinquantaine… Alice est actrice, Louis fut professeur et poète. Alice hait son frère depuis plus de vingt ans. Ils ne se sont pas vus depuis longtemps. Le frère et la sœur vont être amenés à se revoir lors du décès de leurs parents.

Arnaud Desplechin qui nous a pourtant présenté un formidable Roubaix, la lumière ici même il y a trois ans nous refais le coup de « Famille, je vous hais! » qui hante sa filmographie (Un conte de Noël par exemple). Une fois de plus nous entrons dans l’intimité d’une famille aisée composée de caractériels qu’on a du mal à suivre dans les méandres de leurs délires psychanalytiques. En fait, on a une vraie difficulté à s’intéresser a cette succession de crises plus ou moins hystériques où on pleure encore plus qu’à Koh-Lanta (Marion Cotillard est vraiment la championne hexagonale de la séquence lacrymale). Quelques scènes sont fortes (l’accident, le premier pugilat familial) mais l’ensemble reste assez bavard et sans ancrage social véritable. Dans ce registre de l’autopsie des classes bourgeoise en décomposition, il vaut mieux revoir les films de Claude Sautet.

BOY FROM HEAVEN (Tarik Saleh – Suède, Egypte)

Adam, simple fils de pêcheur, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l’Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l’institution meurt soudainement. Adam se retrouve alors, à son insu, au cœur d’une lutte de pouvoir implacable entre les élites religieuse et politique du pays, les Frères musulmans et l’armée.

En réalité, ce film illustre à merveille la difficulté dans laquelle se trouvent les pays musulmans après les printemps arabes : pour lutter contre le mal absolu que représente l’islamisme faut-il utiliser tous les moyens y compris le recours aux forces autoritaires et corrompues qui sont souvent les seules à pouvoir résister aux intégristes? Personne n’a pu jusqu’à présent répondre à cette question. Certainement pas le héros malgré lui de ce film remarquable du réalisateur suédois d’origine égyptienne qui aurait peut-être plus eu sa place à la Quinzaine des Réalisateurs (dans mon esprit c’est un compliment car depuis toujours je suis un fan de la manifestation de la Société des réalisateurs).

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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