Festival de Cannes (10) : Final cut

C’est avec deux excellents films – japonais et belge – que notre compétition officielle du 75e s’est achevée… donc  » Final Cut » ! Comme la compétition avait commencé par le (très bon) film de Michel Hazanavicius Coupez !, on peut donc dire que la boucle est bouclée.

Nous en sommes donc aux pronostics difficiles pour une compétition homogène en qualité mais rare en chefs d’oeuvre. Pour ma part, je risquerais donc le tiercé suivant (sans ordre) : Les frères de Leila, le Parrain à la mode perse de Saeed Roustaee, Décision to leave, le policier romantique de Park Chan-Wook et Armaguedon time, les Queen stories de James Gray. Avec un petit joker : Les bonnes étoiles de Kore-Eda Hirokazu parce que c’est du Kore-Eda Hirokaju…

LES BONNES ÉTOILES (Kore-Eda Kirokazu – Japon)

Par une nuit pluvieuse, une jeune femme abandonne son bébé. Il est récupéré illégalement par deux hommes, bien décidés à lui trouver une nouvelle famille. Lors d’un périple insolite et inattendu à travers le pays, le destin de ceux qui rencontreront cet enfant sera profondément changé.

Comme dans ses films précédents (et en particulier la feel good palme d’or de 2018, Une affaire de famille) le réalisateur nous invente une famille qui n’est ni composée, ni recomposée, ni décomposée mais délicieusement composée par un destin malicieux. Pour ce nouveau road movie, nous embarquons avec une maman prostituée pas vraiment commode, deux escrocs-bras cassés tout en tendresse, un gamin espiègle et un bébé placide. Et même si l’intrigue est peut être un peu plus artificielle que celle de la Palme d’Or, Les bonnes étoiles nous rappelle une fois de plus qu’il ne faut pas surestimer les liens du sang et bien au contraire être ouvert aux autres et à la vie pour se constituer une vraie famille.

CLOSE (Lucas Dhont – Belgique)

Léo et Rémi, deux ados de 13 ans vivent une amitié fusionnelle. Mais lorsque l’école commence, les commentaires blessants sur leur relation éloignent Léo de Rémi. Heurté par le rejet de son meilleur ami, qui cherche à ne pas être ostracisé par les autres élèves, Rémi se renferme. Jusqu’à un événement terrible qui provoque une séparation définitive entre les deux amis et plonge la mère de Rémi dans l’incompréhension et Léo dans le remord. L’illustration que dans toute relation humaine quelle qu’elle soit, il y en a toujours un qui aime mieux. Ou plus mal.

Après Les huit montagnes et le film des frères Dardenne, voilà un nouvel avatar du « chagrin des Belges » sur ce festival. Une histoire poignante d’une pudeur et d’une justesse extrême. Ma coéquipière de Festival est toujours – c’est presque une tradition – submergée par l’émotion chaque année pour un film. Cette année c’était Close. J’ai comme le sentiment que dans son panthéon intime, Leo et Rémi rejoindront Roseta, sa référence jusque là inégalée.

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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