JERUSALEM (4) : VIA DOLOROSA ET YAD VASHEM AVEC RENÉ ET FLORA

René, mon père, était handicapé ; mais malgré son fauteuil roulant, il nous a trimballés dans de nombreuses contrées lointaines (ma mère, moi, puis Dominique). Il était athée mais brûlait d’une passion singulière pour Israël et Jérusalem.

Aussi, comment ne pas penser à lui au moment où je retrouve cette vieille ville de Jérusalem que nous avons sillonnée dans tous les sens, lui en fauteuil, moi en « pousseur », il y a plusieurs décennies. Et tout particulièrement en empruntant la Via Dolorosa. Le chemin de Croix m’a laissé des souvenirs très précis, pour le symbole bien sûr, mais aussi pour la difficulté de l’entreprise. Devant l’inclinaison de la pente, j’avais renversé le fauteuil sur les roues arrières et procédé par petits sauts d’une marche d’escalier à l’autre. Bien que secoué, René avait bien ri. 

Autre séquence émouvante avec notre visite de Yad VaShem : de l’hallucinante vallée des communautés au déchirant pavillon des enfants, nous avons visité les nouveaux espaces du lieu avec recueillement. Mais le plus fort restait à venir : lors de notre dernière visite, Dominique avait décidé de répertorier son arrière-grand-mère arrêtée à Nice à la maison de retraite Villa Jacob et assassinée à Auschwitz. Et nous eûmes la fierté de constater sur le site de Yad VaShem que la vieille dame appartient maintenant et pour toujours à la mémoire commune de la Shoah.

Sinon en soi, retrouver Jérusalem est toujours une aventure personnelle. Même et surtout peut-être pour un humaniste agnostique. C’est qu’on est à chaque fois plongé dans un abîme de perplexité devant cette ville exprimant un paradoxe fondamental : nulle part ailleurs l’aspiration à un universel eschatologique avec les trois religions du Livre ne s’exprime aussi fort qu’ici et pourtant la division, l’incompréhension, et même la haine est palpable entre les communautés. Il n’y a qu’à passer en cinq minutes chrono du Mur des Lamentations à l’Esplanade des Moquées pour toucher du doigt la singularité de ces mondes si voisins qui se croisent à peine sans jamais échanger.

Cette situation nous avons pu en prendre la mesure  dans son expression politique puisque à quelques centaines de mètres de la porte de Jaffa où nous étions un terroriste Islamiste a attaqué les forces de sécurité israélienne.

Mais avec ses pierres blondes, ses collines arborées et son ciel si pur, que Jérusalem est belle ! 

Et ostie sur le tabernacle, il n’y presque pas de touristes en Israël, que des pèlerins. Ils sont respectueux, joyeux et à chaque occasion se mettent à chanter. Je commence à comprendre mon ami Bernard et sa manie de marcher vers Compostelle l’été venu.

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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2 commentaires pour JERUSALEM (4) : VIA DOLOROSA ET YAD VASHEM AVEC RENÉ ET FLORA

  1. alaind dit :

    Bon voyage Patrick. A bientôt !

  2. Ouak dit :

    Merci de faire partager ce voyage en terre sainte
    Mais personnellement malgré les tensions réelles j’ai toujours ressenti une paix particulière à JERUSALEM et la foi de chacun respectée et exprimée
    Bonne continuation
    Bisous
    Martine

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