Mes 50 séries préférées : de 22 à 20

Reprise du classement dégressif avec un trio de productions HBO. Ce qui porte à 8 sur 30 les séries de la chaîne à péage américaine dans notre palmares provisoire.

22 – BIG LOVE (Mark V.Olsen et Will Scheffer – HBO – 2006-2011 – 5 saisons – 53 x 42 mn – USA)

Bill Henrickson (Bill Paxton) est un mormon polygame. Chef d’entreprise avec des soucis de chef d’entreprise, il a trois femmes, Barb, Nicki, Margene, et sept enfants.

Hors-la-loi, la famille doit vivre clandestinement sa spécificité car même l’église officielle mormone réfute la polygamie.

D’épisode en épisode, nous partageons la vie agitée de la petite communauté : rapports forcément complexes entre les trois femmes, ingérence des familles qu’elles soient traditionnelles ou sectaires (Harry Dean Stanton en gourou mormon est particulièrement odieux). Le monde des affaires est impitoyable sous le ciel bleu de l’Utah et fait de Salt Lake City une proche banlieue de Dallas.

Mais un scénario extrêmement subtil réussit à rendre omniprésent le climat religieux qui fonde la polygamie sans jamais le rendre pesant.

Et au final, à l’image du générique (très symbolique de la tradition HBO), il se dégage de la quotidienneté de cette famille pas comme les autres, une étrange douceur. Etrange en effet.

21 – TREME (Davd Simon – HBO – 2010-2013 – 4 saisons – 36 x 60 mn – USA)

David Simon, déjà auteur pour HBO de la série Sur écoute 36e dans notre classement, récidive quelques années plus tard avec Treme. A l’autopsie sociale et politique de la ville de Baltimore succède une hallucinante plongée dans La Nouvelle Orléans de l’après Katrina.

Cette série chorale épouse le destin d’une douzaine d’habitants de la ville qui tentent de se reconstruire dans une atmosphère affairiste délétère. Malgré ce climat très lourd, la joie de vivre portée par la musique omniprésente suinte à chaque séquence. Les personnages au fil des épisodes deviennent si familiers qu’on les reçoit peu à peu comme des amis pas tellement imaginaires.

Dans Treme, il s’agit bien sûr, pour les rescapés, de reconstruire leurs maisons, leurs vies, leur culture, une culture jamais folklorisée par les scénaristes (chez HBO, ce n’est pas le genre), une culture où la musique, dans la vie de tous les jours, des enterrements au grand Carnaval, est omniprésente, presque obsédante, toujours sublime. Plus jamais nous n’oublierons le petit peuple de Treme : Antoine Batiste, le joueur de trombone, Creighton Bernette, le prof d’université rongé par la colère et la mélancolie et sa femme Toni, avocate engagée, Davis McAlary, le DJ wasp un brin illuminé, Janette Desautel, la chef cuisinier, LaDonna, la patronne du troquet, Albert Lambreaux, l’énigmatique chef indien de Mardi gras, Sonny et Annie, les deux jeunes musiciens de rue…

20 – TRUE DETECTIVE (Nic Pizzolatto – HBO – 3 saisons – 24 x 60 mn – USA)

La série est une anthologie, chaque saison ayant une distribution et une intrigue distinctes. Mais que la saison se déroule en Louisiane, en Californie ou en Arkansas, elle s’articule autour d’une enquête policière complexe conduite par des hommes ayant eux même une lourde histoire personnelle. La série est d’une beauté formelle un peu évanescente sublimée par une bande-son entêtante. L’ impeccable distribution contribue grandement à la réussite de la série. Avec peut être une mention spéciale à Colin Farrell, flic à la dérive de la deuxième saison, et Mahershala Ali en retraité à remous dans la troisième saison.

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Mes 50 séries préférées : récapitulatif de 50 à 23

En mai-juin j’avais entrepris la publication (très subjective) du classement dégressif de mes séries préférées. Mon actualité municipale-théâtrale étant très riche, j’avais suspendu cette publication en juillet après dévoilement de la 23e série (la jouissive série des frères Coen : Fargo). J’enclanche à nouveau le processus en récapitulant les 37 premières classées de 50 à 23. Et dès demain j’enchaîne en dévoilant les 22, 21 et 20 ème séries .

50- Dallas

49- 24 heures chrono

48- Olive Kitteridge

47- Weeds

46- P’tit Quinquin (pour les 5, lire mon billet du 9 mai 2020)

45- Belphégor

44- Californication

43- La trêve

42- Lost

41- How I met your mother (pour les 5, lire mon billet du 16 mai 2020)

40- Dr House

39- the Big Bang Theory

38- La gifle (pour les 3 lire, mon billet du 23 mai 2020)

37- Desperate housewives

36- Sur écoute

35- Sacrifice (pour les 3, lire mon billet du 30 mai 2020)

34- Le Baron noir

33- Les envahisseurs

32- Hatufim (pour les 3, lire mon billet du 6 juin 2020)

31- Les Tudors

30- The Shield

29- Top of the lake (pour les 3, lire mon billet du 13 juin 2020)

28- Downton Abbey

27- Girls

26- Fauda (pour les 3, lire mon billet du 20 juin 2020)

25- The young pope / The new pope

24- Peaky Blinders

23- Fargo (pour les 3 lire mon billet du 16 juillet 2020)

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Guerre contre l’islamisme : nous sommes tous concernés

Depuis Charlie, on ne cesse de répéter que nous sommes en guerre sans jamais vraiment nous pénétrer de cet état d’esprit.

Pour cela, il faut en finir avec la fiction d’une poignée de fanatiques à la marginalité sanglante. En réalité, les terroristes ne sont que les soldats de première ligne de l’armée des propagandistes de l’Islam politique.

Lutter contre eux est certes nécessaire pour limiter les conséquences sanglantes de leurs initiatives. Mais il ne faut pas se leurrer, avec les modes opératoires désormais utilisés, même avec un surcroît d’efficacité, l’action de l’Etat ne pourra jamais aboutir à un risque zéro.

Si l’expression « être en guerre » a une réalité, c’est bien contre le projet politique qu’il faut se mobiliser. Bien sûr, c’est à l’Etat de s’adapter pour résister et lutter efficacement contre le communautarisme, litière de l’islamisme. Si sur le plan du renseignement et de la protection militaire les services de l’Etat ont fait beaucoup, ils ont été défaillants en manquant de vigilance devant le développement du communautarisme (le drame de Conflans en est la démonstration absolue). C’est donc là qu’il va falloir enfin agir (le projet de loi Macron en substance va dans le bon sens mais il est terriblement tardif !)

Au delà, c’est à chacun d’entre nous d’être « en guerre ». Nous ne pouvons pas être des citoyens passifs, nous devons nous mobiliser.

Ainsi nous devons renoncer à la lâcheté mortifère du « pas de vague » souvent initiée par les politiques et l’administration (je pense en particulier à celle de l’Éducation Nationale qui soutient rarement ses profs) mais qui souvent nous arrange bien. Ainsi, il nous faut refuser d’accepter de guerre lasse les manifestations de communautarisme en contradiction avec la loi mais aussi la pratique républicaine. En clair, il faut faire preuve de courage (y compris physique) pour résister aux intimidations du quotidien. Ni esprit de Vichy, ni syndrome de Stockholm : une affirmation pacifique et résolue de notre ADN républicain.

Pour tout cela, on n’en attend pas moins de nos compatriotes musulmans. Pas plus mais pas moins.

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Joe Biden – Kamala Harris : parce que j’aime l’ Amérique !

J’aime l’Amérique

J’aime dès l’aube partir sur les traces de Woody Allen et de John Lennon dans Central Park.

J’aime en fin de soirée la quiète atmosphère d’un diner Bagdag café dans une petite ville du middle west.

J’aime la country des musiciens de terrasses à Nashville, le rock de ceux de Memphis, le jazz de ceux de New Orleans.

J’aime le I have a dream sur la grande esplanade de Washington et le Yes, we can ! du grand palais de Denver.

J’aime l’éclat des étoiles sur les trottoirs d’un Hollywood boulevard fourbu.

J’aime les fleurs de Georgia O’Keeffe dans le désert du Nouveau Mexique.

J’aime rêvasser sur la tombe mausolée de Jimmy Hendrickx à Seattle et quand Tendre est la nuit près de la statue de Scott Fitzgerald à Saint Paul.

J’aime les improbables Coffee shop des routes oubliées d’Alaska.

J’aime confronter Mondrian et Brancusi au bout du bout de l’escalier de Rocky à Philadelphie.

J’aime , fruits désirables et vénéneux dans la nuit du désert, les néons de Las Vegas.

J’aime défier les fantômes du cimetière Bonaventure à Savannah au delà du bien et du mal.

J’aime les caves généalogiques des mormons de Salt Lake City.

J’aime la frêle silhouette de Rosa Parks dans un bus de Montgomery.

J’aime l’atmosphère sépia de la maison d’Hemingway à K-West, la violence du paysage du Big Sur de Kerouac.

J’aime partager un Black Russian dans un bar du port de San Francisco, un hotdog avec les Nighthawks de Hooper à Chicago.

J’aime sillonner la Monument valley de John Ford et dominer le Dead horse point de Thelma et Louise

J’aime parcourir quelques arpents de fierté Sioux et Cheyenne à Little Big Horn.

J’aime la fausse léthargie latino d’El Paso et le vrai activisme Wasp de Boston.

J’aime l’énergie généreuse de Portland-Oregon et l’effervescence un peu snob de Santa Fé.

J’aime au sommet de la Freedom Tower communier avec les victimes du 11 septembre…

OUI, j’aime l’Amérique.

C’est dire si depuis quatre ans je souffre de la voir humiliée par ce clown tragique et boursoufflé qui s’est révélé être un véritable Docteur Folamour.

C’est dire si le 3 novembre je serai toute la nuit par la pensée derrière Joe Biden et Kamala Harris pour que l’Amérique redevienne l’Amérique.

Cette Amérique avec ses fulgurances et ses zones d’ombres, cette Amérique désirable et exaspérante , celle qu’on aime imiter et avec laquelle on adore se facher. L’ Amérique quoi ! la vraie ! celle qu’on aime !

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Francis Gag résiste au couvre-feu !

Ce vendredi, la troupe du Cercle Molière jouait sur du velours : la soirée, la dernière avant le couvre-feu, serait forcement inoubliable ! Dans un vieux Nice en suspension entre deus ères, le théâtre Francis Gag était bien rempli (beaucoup de jeunes) pour Sunderland, la dernière création contemporaine d’une compagnie qui ne veut pas qu’on la réduise au répertoire classique.

C’est une bien émouvante comédie sociale à la Ken Loach dans une ville de province anglaise touchée par la désindustrialisation. Entre dénonciation et humour « politesse du désespoir », on retrouve le ton du cinéaste anglais alors même que l’auteur est français (Clément Koch). Si on ajoute une réflexion sociale sur la GPA, on peut féliciter le cercle Molière pour un choix de répertoire ambitieux.

La mise en scène d’Allan Giovagnoli est clairement au service de l’histoire et des comédiens. La distribution, avec une Fabienne Gardon cash, drôle et tendre, est ravie de jouer toute une série de rôles attachants (Laurie Barale, Laurent Thomas, Annabel Acolanian, Michelle Markarian, Génisia Poderini, Emmanuel Jean et… Serge Gardon himself ! Pourquoi ne pas avoir cité les comédiens à la fin du spectacle ?).

Le lendemain, les horaires se sont calés sur la nouvelle réglementation pour accueillir « à la maison » les élèves de l’atelier de théâtre d’Elisabeth Piron. La pièce Royal Académies est une comédie des plus loufoques qui a beaucoup fait rire Fabien, une contrainte de dernière minute m’ayant privé de ce travail de fin d’année des quatorze élèves du cours. De quoi regretter la très drôle prestation de notre collaboratrice administrative Marie-Hélène dans un rôle très rock. Regret aussi de ne pas avoir vu Marie-Christine que je croise en général dans des réunions moins loufoques en élégante cheffe de choeur. Regret bien sûr de ne pas avoir vu les douze autres. Partie remise. Moi aussi j’ai envie de découvrir les six prétendantes de ce dadais de fils du Roi Moa.

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La Fête des Théâtres : suite et (belle) fin

La fréquentation et l’intérêt portés à la Fête des théâtres n’ont pas faibli jusqu’au dimanche ! (nous avons refusé des spectateurs à l’Eau Vive).

Galerie Depardieu  La vie est de brûler des questions Compagnie La Saeta 

C’est à une lecture-mise en espace signée Marie-Jeanne Laurent autour de l’œuvre d’Antonin Artaud qu’a assisté Fabien. De quoi raviver des souvenirs : il y a quelques années dans cette même galerie Bernard et… Dominique avaient présenté une lecture de mon livre Cinq de cœur. Avec Emma Laurent, Sophie de Montgolfier et Ludovic Vollet, une belle production de la compagnie La Saeta qui, dans le contexte actuel fait du bien, même si on est reparti avec plus de questions que de réponses.

Théâtre Francis Gag La Belle Otero Compagnie Les cent Causes

C’est à nouveau Fabien qui a assisté à cette authentique création (pas assez nombreuses à mon goût pour cette Fête) que le metteur en scène Christophe Turgie m’avait présentée avec passion dans mon bureau il y a quelques semaines.

Une fresque sur la vie tumultueuse de la belle courtisane. Melissa Catalayud avec Julien Faure, Juliette Simon et Melissa Polonie ont avec talent et panache relevé le défi de ce destin hors norme dans le monde d’avant… hier. On rit également beaucoup.

Théâtre du Phoenix Quand la Chine téléphonera Compagnie du Phoenix

Pour Bernard qui nous représentait, ce fut d’abord un bon coup de nostalgie par les retrouvailles avec le maître des lieux et metteur en scène du spectacle Alain Clément. C’est qu’ils ont joué ensemble dans les années… (on ne dira pas !) avec la prestigieuse compagnie de Bernard Fontaine. Sur les murs du théâtre des photos témoignent de cette époque bénie. .

La pièce était aussi une première, dont acte. C’est une comédie policière drôle et un brin déjantée, avec une mise en scène efficace, une interprétation solide (Fabienne Durand, Béatrice Saggio, Annie Maldonado, Denys Botto et Salvatore Gabriel) et des costumes qui méritent… un coup de chapeau ! Un excellent spectacle de distraction. 

Théâtre des Oiseaux Le secret de la sorcière Cracra-dingue Compagnie Ségurane

Il s’agissait ici d’un spectacle jeune public interactif (les enfants adorent) avec chansons et marionnettes. La gentille sorcière Nat veut empêcher l’infâme sorcière Cracra-dingue de polluer. Pour Bernard, un très joli spectacle mis en scène par Sébastien Wagner avec Anastasia Cassandra et Daisy Kuyas, duo de choc pour une fable écolo dans l’air du temps.

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La fête des théâtres : une suite au parfum de réussite

Les spectacles se sont enchainés avec de belles surprises et un public qui a répondu présent, conscient d’avoir la chance d’éviter le couvre-feu des autres grandes villes. Ayant quelques responsabilités théâtrales personnelles c’est Bernard Gaignier qui en milieu de semaine a enchainé trois spectacles qui avaient chacun leurs mérites.

Théâtre de la Tour : L’affaire Chapel (Compagnie Alcantara)

Dans cette salle qui m’est si familière (j’y ai tenu plusieurs meetings comme conseiller général) Isabelle Bondiau- Moinet, « ma voisine d’en face », assurait la mise en scène de ce spectacle de fin d’année de l’atelier – théâtre de la compagnie Alcantara aves 13 comédiens qui faisaient mieux que Tintin, puisque de 22 à 80 ans.

Il s’agissait d’un mystère à la Agatha Christie où les potentiels héritiers sont réunis dans un hôtel de luxe isolé pour assister à l’ouverture de testament. Ce fut un spectacle réjouissant qui témoignait à l’évidence de la capacité d’Isabelle à transmettre sa passion du théâtre.

Citadelle de Villefranche : Le songe d’une nuit d’été (Compagnie L’Emergence)

Accueil chaleureux de Patrick Zeff-Samet dans cette magnifique salle (métropolitaine : une des trois incursions de la Fête hors Nice) située dans l’ancien réservoir de la citadelle. Mise en scène collective très intelligente, spectacle poétique et agréable avec quelques performances d’acteurs remarquées. L’occasion de croiser une fois de plus Lucas Gimello.

Théâtre Bellecour : Mariage d’enfer 

J’avais déjà vu (et apprécié car bien écrite) cette pièce mise en scène par Sébastien El Fassi avec mon ami Richard Zanca (et Lise Giraudier). Ce soir-là Bernard a vu un autre couple (Vanessa Bellagamba et Yann Bruno-Martinez) défendre avec cœur cette histoire d’un homme qui emporté par un excès d’alcool demande en mariage sa compagne assez insupportable il faut bien le dire.

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La première d’un éternel retour

Hier soir la première de ma dernière pièce signifiait l’éternel retour d’un vieux couple : la Facel Vega et le Ruhl. Mais je suis loin d’être le seul auteur de cette résurrection.

Une première est toujours une parenthèse enchantée dans la vie d’un spectacle. Située entre les incertitudes et parfois même les affres de la répétition et le chemin balisé des séances répétées, elle permet de réunir enfin en une alchimie subtile le travail de l’auteur, le savoir faire du metteur en scène et le talent des acteurs. Sans oublier l’imagination et le sang froid du régisseur. Et la pièce écrite en aval deviens un objet artistique unique qui n’est pas la somme du travail de tous mais sa fusion.

Fabienne Colson à la mise en scène et Jacques Fenouillet à la direction d’acteurs ont magnifiquement relevé le défi d’une histoire qui une fois de plus chez moi n’était pas facile a monter (je suis le cauchemar des metteurs en scène, n’est ce pas Bernard ?). Vous dire que j’ai été impressionné par leur rendu est un bien faible mot. Au final une mauvaise nouvelle pour mes futurs metteurs en scène : pour les prochaines pièces l’auteur va se lâcher encore un peu plus comme un garnement qui va toujours plus loin pour tester la résistance des adultes.

Richard Zanca a su donner à Monsieur Bernard cette immaturité mélancolique des oisifs incertains. Comme d’habitude il a été à la hauteur d’un rôle que j’avais écrit en pensant à lui. Sabrina Paillé et Valérie Lhéritier chacune a leur façon, extravertie pour la première, plus cérébrale pour la seconde, ont réveillé la sensualité sous-jacente des voitures de légende. Que serait la pièce sans la robe bleu nuit de la Facel Vega et la coiffure Ananas de Valérie ? Chantal Galmiche, lectrice à la fois fidèle et border line est le lien indispensable entre les péripéties de cet invraisemblable road movie entre le temps et l’espace. Monsieur Choong incarné par Michel Ausseil a la fantaisie d’un personnage de magicien dans un film de Woody Allen.

Eric de la Châtaigneraie en inquiétant militaire et Solène Bodo en émouvante madame Puget m’ont fait le plaisir d’une première apparition dans une de mes pièces. Une mention particulière à François Lahaye et Émilie Boudet pour leurs multirôles. Le chasseur pincé du Ruhl, le militant vindicatif et surtout le très inquiétant Boris (digne d’Orange mécanique) pour le premier. Miss Rumba, la supportrice médeciniste et la réfugiée vindicative pour la seconde. En plus, Emilie chante : on restera sous le charme de son Come prima et de son Bambino. Prestation désopilante de la boss herself Fabienne Colson en Miss Baie des Anges (celle de Dick Rivers probablement). Comme la coccinelle de Gottlib, elle apparait et disparait en nunuche sautillante dans plusieurs scènes. Une mention aussi pour Vincent Pinchaux le dessinateur émérite qui tout au long du spectacle dessine sur un écran projeté les protagonistes de l’histoire . Une sacrée dextérité.
Merci à tous ainsi qu’au public qui était là et qui réserve presque normalement. Un bel acte de foi pour le spectacle vivant et une émouvante fidélité à nos propositions.

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La Facel Vega sur la grille de départ…

Les répétitions se succèdent pour que le spectacle soit prêt pour la Première de Jeudi. Sous la houlette de Fabienne Colson à la mise en scène et de Jacques Fenouillet à la direction d’acteurs l’histoire de la Facel Vega et du Rhul se met petit à petit en place dans une bonne humeur qui n’exclue pas une certaine effervescence.

Si j’ajoute que le protocole sanitaire est organisé avec soin par les responsables de la salle, il n’y a aucune raison de ne pas être au rendez vous à partir du 15. Qu’on se le dise !

Pour vous inciter à venir en toute transparence , je ne résiste pas au plaisir de vous donner une nouvelle fois le petit texte qui résume la pièce, une pièce qui devrait satisfaire les nostalgique de la Facel Vega, les amoureux inconsolables de l’ancien Rhul mais aussi les fans de Dick Rivers et de Marino Marini ( les moteurs de recherche vont travailler !).

Monsieur Bernard est un quinquagénaire niçois aisé et solitaire. Son unique passion consiste à acquérir et entretenir une collection de voitures vintage avec lesquelles il aime, le soir venu, rouler sur les avenues de la ville et les routes de la région.

Un jour, son fournisseur, un étrange Malais de Singapour, lui propose d’acheter une voiture mythique : une Facel Vega Excellence, voiture de prestige des années 60 dont il ne reste que quelques exemplaires dans le monde. Celle-ci va se révéler magique. Lors de sa première sortie avec le modèle, il tombe sur l’hôtel Ruhl ressuscité. Au fil des promenades et des rencontres, il retrouve peu à peu le Nice de son enfance.

Après plusieurs mois de cette plongée enchantée dans le Nice des sixties et de Miss Baie des Anges, son fournisseur lui propose un autre modèle : un concept car anticipant un véhicule commercial des années 2040. Espérant que celui-ci soit à nouveau la source d’aventures un peu folles, Monsieur Bernard ne résiste pas à la tentation, revend la Facel Vega et achète ce curieux véhicule. Pour le meilleur et pour le pire. En fait, ce sera surtout pour le pire.

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Les Niçois aiment leur vertueux spectacle vivant !

Rassurés par le label sanitaire appliqué par les salles niçoises, le public reprend ses habitudes et participe avec bonheur à la Fête des Théâtre 2020. C’est une bonne nouvelle et avec Jennifer, Bernard et Fabien, nous pouvons témoigner de ce regain d’enthousiasme du public niçois pour le spectacle vivant local.

C’est ainsi que pour ma part j’ai ajouté deux nouveaux spectacles à mon palmares « Fête des Théâtres » :

3D Dense de et avec Marie-Pierre Genovese au Théâtre Francis Gag

Danseuse contemporaine hors norme Marie-Pierre a joué dans une de mes pièces et chorégraphié une autre. C’est dire s’il n’était pas question que je manque sa prestation unique programmée par l’équipe qui m’a précédé. Marie-Pierre et son corps orchestre nous ont plongé une heure durant dans les mystères insondables de l’aventure humaine (impressionnante naissance !). C’est plus que beau… bouleversant ! Avec en prime la première standing ovation de la Fête.

T Ki… toi ? de et avec Chauder Gallan au Théâtre de l’Eau Vive

Richard Zanca est un des acteurs fétiches de mes pièces de théâtre. Là aussi il n’était pas question que je manque sa nouvelle pièce au titre improbable, écrite, jouée et mise en scène par Chauder Gallan, ancien danseur de la troupe de Maurice Béjard (quelques savoureuses séquences dansées ponctuent la pièce). Il s’agit de la vie rêvée de Roger, un beauf contemporain brut de décoffrage qui rencontre son ancêtre du 18e siècle, un marquis précieux et insupportablement snob. Le spectacle commence sur un mode café-théâtre drôle (la confrontation gilet jaune – noble poudré est désopilante !) avant de basculer dans l’émotion avec une certaine virtuosité. A n’en pas douter , une des révélations de l’édition 2020.

Bernard quant à lui s’est encanaillé au Bouff’scène avec une pièce de Laurent Ruquier Si c’était à refaire devant là aussi une salle pleine (beaucoup de jeunes). Les acteurs sont des élèves du cours et constituent une belle équipe pleine d’énergie. Avec la mise en scène efficace d’Eddy Moncuquet.

Puis ce fut à La Nouvelle Comédie une pièce qui c’était mystérieusement substituée à celle qui était prévue. Il s’agissait donc de Sex friends qui se passe dans l’univers des sites de rencontres. La salle est confortable et les acteurs jouant avec une certaine distanciation étaient excellents (Michel Sisowath, Sabrina Kurzawski).

Jennifer était elle au Théâtre de la Traverse pour Sarah et le cri de la langouste mise en scène par Jean-Louis Châles et interprété par lui-même et Ariane Alban. Le thème de la pièce est le dernier été de la vie de Sarah Bernhardt : complicité savoureuse des deux comédiens et mise en scène classique au service du texte.

Elle était aussi, mais en compagnie de Fabien, au Théâtre de la Semeuse pour la reprise (13 ans après) de Petit boulot pour vieux clowns mis en scène par Stéphane Eichenholc de la compagnie Arkadia (Sylvain Guine, Éric Guyonneau et Jean-Louis Stora complètent une excellente distribution). Trois vieux clowns se battent pour le dernier emploi de leur vie. Un mélange de burlesque et d’absurde avec un parfum de cinéma italien des années 50. Bref un spectacle digne de l’impeccable programmation de la Semeuse supervisée par mon ancien étudiant Frédéric Rey.

Notons enfin les initiatives caritatives de la compagnie Les voix de Diane au Forum Nice-Nord pour les soignants et au Théâtre de l’Alphabet avec la recette de la salle pleine de Rue de la petite vertu pour les sinistrés de l’arrière-pays.

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