Camps de Rivesaltes : quand la République a failli…

Lors de nos séjours dans les Pyrénées-Orientales, nous visitons fréquemment le site-mémorial de Rivesaltes. Et cela depuis fort longtemps (voir le billet de Dominique du 5 mai 2008, référencé dans de nombreux sites spécialisés). C’est que ces visites sont d’utiles piqures de rappel : ce plateau aride battu par les vents a accumulé pendant 80 ans toutes les faillites politiques et morales de la, des Républiques françaises.

Tout a commencé en 39-40 avec l’indigne regroupement de milliers de victimes de la guerre civile espagnole. Non seulement la République du Front Populaire n’a pas aidé le camp républicain mais, à Rivesaltes, elle a traité les victimes du conflit en parias. Revivre les heures sombres de la Retirada avec Bernard qui a mis en scène Maria et le kiosque à musique qui traite de cette période fut donc particulièrement émouvant.

En 42-43, le sinistre camp devient le Drancy de la zone libre, c’est-à-dire une zone de regroupement des juifs avant de les envoyer vers les camps de la mort.

En 62-63, il regroupe les Harkis que la toute nouvelle cinquième République a ignomineusement traité à la fin de la guerre d’Algérie.

Enfin, de 1986 à 2007, les baraquements fragiles et insalubres abritent un centre de rétention administratif pour immigrés en situation irrégulière jusqu’à leur reconduite à la frontière.

Transformer ce lieu maudit en mémorial est donc à mettre à l’honneur des collectivités locales et la présidence Hollande. Raison de plus pour s’indigner contre la main indigne et haineuse qui a cru devoir effacer par grattage le nom de Manuel Valls sur la plaque inaugurale.

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Bonne année 2020 !

Avec la complicité de mon ami Patrick Carnicelli. Merci à lui !

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Municipales Nice : faire bouger les lignes avec Dominique Boy-Mottard, Marc Concas, Patrick Mottard


À Nice : la République partout, la République pour tous

Fiers du bilan du groupe « Radical et Divers Gauche » qui, pendant la dernière mandature municipale a pratiqué une opposition vigilante mais toujours constructive, nous souhaitons que le capital de réflexion, d’expérience et de propositions accumulé pendant ces années puisse être mis au service de l’intérêt général à travers un projet municipal que nous sommes prêts à décliner pour les élections de mars prochain.

Même si nous appartenons à des partis différents, nous avons en commun une sensibilité de centre gauche qui, nationalement mais aussi localement, se retrouve autour des valeurs de la République et d’une exigence de justice sociale.

Dans la période précédente, nous avons œuvré pour qu’une liste de rassemblement de la gauche et des écologistes se présente en mars 2020 devant les électeurs niçois. Pour cela, nous n’avons pas ménagé nos efforts, proposant même de nous mettre en retrait en suggérant que cette liste soit conduite par d’autres responsables politiques. Malheureusement, les intérêts d’appareil et les traditionnelles manifestations d’ego qui pénalisent régulièrement la gauche niçoise n’ont pas permis de réaliser cet objectif qui n’avait, dans notre esprit, d’autre but que d’offrir des perspectives politiques au quart des électeurs niçois qui se reconnaissent peu ou prou dans la gauche. Il s’agissait d’éviter ce qui s’est passé aux dernières élections régionales de 2015.

La conséquence de ce manque de responsabilité est qu’en mars 2020, les différentes composantes de la gauche ne pèseront rien sur cette élection et elles devront se contenter de candidatures de témoignage.

Dans ce contexte, nous souhaitons nourrir le débat avec nos propres idées. Non par principe mais tout simplement parce que si nous sommes absents, ces idées-là seront exclues du débat municipal.

Ces idées pourraient se résumer d’une formule : « À Nice, la République partout, la République pour tous », à savoir l’exigence et la générosité.

Nous souhaitons en effet contribuer au débat municipal pour le moment particulièrement atone.

ANNEXE : PREMIERS ELEMENTS DE REFLEXION

1re PARTIE : LA REPUBLIQUE PARTOUT

Il n’est pas concevable qu’il y ait dans notre ville des zones où pompiers, médecins ou policiers sont agressés, où les trafics prospèrent et où le communautarisme impose sa loi. Tout le monde doit pouvoir se sentir chez lui dans n’importe quel secteur de la ville.

1.1 – Contre les incivilités

Tendre vers la tolérance zéro et d’avoir une réponse à chaque acte. En collaboration avec l’administration de la justice, augmenter de façon significative le nombre de T.I.G., réponse pédagogique aux incivilités.

1.2 – Contre la délinquance

Recenser et éradiquer tous les lieux de trafics. En jouant la complémentarité avec la Police Nationale, augmenter les effectifs de la Police Municipale sur le terrain.

1.3 – Contre le communautarisme

Dénoncer ses atteintes, notamment au principe d’égalité femmes-hommes. Affirmer que la laïcité n’est pas écrasement mais dépassement de tous les particularismes.
. Créer un Observatoire de la laïcité, organe consultatif qui observe, informe et propose (occupation du domaine public, neutralité du service public)
. En liaison avec l’Éducation Nationale, intégrer la laïcité dans les projets éducatifs.
. Prévoir systématiquement une clause de vivre ensemble avec évaluation obligatoire dans les dossiers de demandes de subvention.

1.4 – Pour l’éthique

Si les lois républicaines doivent être respectées par tous, cette exigence est encore plus nécessaire pour les élus et les fonctionnaires. Il convient de donner au Comité d’Éthique un rôle plus important avec des compétences et des pouvoirs élargis (conflits d’intérêts, emplois familiaux…) et une saisine citoyenne filtrée.

2e PARTIE : LA REPUBLIQUE POUR TOUS

Si personne sur le territoire de notre ville ne peut prétendre vivre en marge des lois de la République, personne ne doit en être exclu.

2.1 – Culture

La culture est un vecteur d’émancipation qui rend l’homme plus libre. L’offre culturelle de notre ville est conséquente, mais les populations qui en jouissent restent encore très minoritaires. Par conséquent, une véritable démocratisation de la culture ne passe plus uniquement par l’enrichissement de l’offre culturelle mais aussi par une action constante, ciblée et concentrée sur la demande.

. Dès le plus jeune âge (crèches, maternelles, écoles primaires), faire intervenir des médiateurs culturels spécialisés et des artistes (résidences en crèche et en milieu scolaire).
. Introduire une clause de médiation avec évaluation dans les dossiers de subventions culturelles.
. Doubler, dans un premier temps, les capacités d’accueil de l’école municipale d’Art, les pratiques amateurs étant l’école de la 2e chance de la médiation culturelle.
. Jumeler une des nombreuses institutions culturelles de notre ville avec un quartier de celle-ci.
. Faire de « Mars aux Musées » la vitrine de cette politique de médiation en mobilisant ressources et moyens humains pendant tout un mois au profit des nouveaux publics.

2.2 – De l’oxygène pour les quartiers Est

Les lieux de promenade et de loisirs ne doivent pas être réservés au centre-ville.
. Couverture du Paillon jusqu’au Pont Garigliano et réalisation d’un parc-jardin urbain pour les populations de Pasteur et de Bon Voyage.
. Aménagement de l’emplacement de la prison, sa relocalisation étant une priorité humanitaire. La superficie dégagée permettra un aménagement espaces verts-loisirs indispensable dans un quartier surdensifié.

2.3 – Aide et soutien des populations fragiles

Il est des catégories de population souvent oubliées dans les programmes électoraux. La République, c’est aussi pour elles.

. La situation des femmes victimes de violence, des femmes seules et des travailleuses pauvres.

. aucun territoire ne doit être interdit aux femmes qui doivent se sentir en sécurité partout et à toute heure. Il convient de lutter inlassablement contre le sexisme sous toutes ses formes et en tout lieu.

. La création d’une maison des femmes est une nécessité. Ce lieu leur permettra d’accéder à une information juridique ou sociale, de bénéficier de consultations médicales ou psychologiques ainsi que d’une assistance aux nombreuses démarches en ligne. Un service de médiation familiale y sera intégré.

. Faire de l’aide aux travailleuses pauvres et aux femmes seules élevant un ou plusieurs enfants, une grande cause municipale

. Les jeunes sortis du système scolaire sans diplôme et sans qualification doivent bénéficier d’une montée en puissance de l’École de la 2e chance (E2C) instituée depuis peu.

. Les SDF devraient avoir, en liaison avec les associations, un référent au sein du Conseil municipal pour améliorer les conditions de vie de cette population. On pourrait, par exemple, proposer un travail à la carte (restauration scolaire…).

. Les migrants doivent voir leur accueil amélioré en collaboration avec la Préfecture pour que celui-ci soit à la fois digne et insusceptible de créer des tensions avec les populations voisines des centres (un forum des réfugiés repensé).

Ces propositions marquent notre volonté d’entrer dans le débat municipal, voire de le provoquer. Elles seront, dans les semaines qui viennent, prolongées et complétées par d’autres concernant le développement durable, le logement, le tourisme, la circulation, le patrimoine… Nos équipes y travaillent sur la base de l’expérience et du travail de notre groupe municipal sortant.

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De Junin à Dollé

Dimanche multiculturel : il s’agissait, après la deuxième journée du salon du livre de Grasse organisé dans une grande surface par le très audacieux Jean-Claude Junin, de rejoindre en bravant le vent tempétueux le cosy-déjanté atelier de Louis Dollé à Nice pour le clap de fin de l’exposition Calena regroupant les œuvres de six artistes.

Dans une ambiance chaleureuse, il était excitant de confronter les œuvres très différentes du maître des lieux avec celles de Maurice Maubert, Paul Nadé, Nathalie Broyelle (magnifique portrait de femme déchirée), Elena Di Giovanni et bien sûr celle de mon président d’ « Une petite voix m’a dit » : Eric Clément-Demange (voir ci-dessus devant son oeuvre Silence(s).

Juste de quoi regretter les concerts et performances des soirées précédentes et de prendre l’engagement moral de ne rien manquer… l’année prochaine.

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« Escales » à Grasse…

Pour son 4e salon du Livre de Grasse, Jean-Claude Junin a encore chouchouté ses auteurs du café du matin à l’apéro du soir. L’occasion unique aussi de parler littérature, théâtre ou politique avec les visiteurs d’une grande surface entre  achats de dinde ou de chocolat.

L’opportunité pour moi, entre deux dédicaces d’Escales, de retrouver les amis Roger et Elisabeth, Manon ma brillante étudiante avec toute sa petite famille et le staff de la future liste de gauche (unie celle-là) de Grasse.

Bravo encore Jean-Claude , c’est assez gonflé de ta part de mélanger achats compulsifs de Noël et littérature… mais à priori ça marche ! Alors comment ne pas revenir demain ?

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Maria : Pour prolonger le plaisir…

Alors que les Affranchis ont déjà plongé dans les répétitions du Misanthrope, je ne résiste pas, après le grand succès de » Maria et le kiosque à musique », à reprendre mon billet de janvier sur les répliques cultes de la pièce…  Par répliques-cultes, j’entends des passages de la pièce que les comédiens ont réussi à s’approprier d’une telle façon que désormais elles leur appartiennent.

DIDIER (Albert, le stalinien). Alors tu finiras comme les copains : à la mairie au bras d’une gentille petite niçoise. Communiste, mais niçoise.

DIDIER (Edmond, le pétainiste) : Admirable femme française, épouse et mère, modeste et héroïquement soumise.

FRÉDÉRIQUE (la mère). Allez Monsieur mon gendre, un peu de coeur à l’ouvrage s’il vous plait, un peu de coeur à l’ouvrage !

Attendez-vous à de fréquentes visites de votre belle-mère, Antoine.

CÉLIA (Émilie). N’oublie pas qu’aujourd’hui tu dois passer à la fabrique pour me ramener un bon kilo de macaronis. Ce soir je vais faire mon gratin avec le jambon du marché noir.

LUCILE (Maria). Moi, je travaille pour le grand capital : vendeuse aux Galeries Lafayette.

Je t’aime, n’en doute pas, ça oui, je t’aime (prononcé mâchoire serrée et regard sombre, effet garanti ).

JOFFREY (Antoine). Le comptable docile, l’employé modèle au service de beau-papa, le futur capitaine des pâtes fraîches, général du ravioli, maréchal des cappelletti.

C’est décourageant ! C’est un peu comme si Sisyphe s’était converti au trotskisme… ou l’inverse !

PHILIPPE (Tony). Belle soirée, n’est ce pas ? Barcelone en plus suave, La Havane en plus tonique…

Je me fous de toi ou je n’existe pas ? Choisis ton camp, camarade, ça te changera !

BERNARD (Antoine). Quant à Émilie, ma femme, je ne me suis jamais posé la question de savoir si je l’aimais car elle était ma femme.

Je me dis que la vie est passée bien vite et qu’il est bien tard. Je n’ai pas été malheureux, même pas mélancolique. Mais je me suis emmerdé, mon Dieu, oui je me suis emmerdé.

CLEO (Ray Ventura). Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien…

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3e manif : la CFDT entre dans la danse…

Incontestablement la plus importante des manifestations niçoises contre la réforme des retraites en ce mardi au temps couvert et doux. C’est entre autres parceque la CFDT est entrée dans la danse avec un fort bataillon en chasubles oranges. Avec l’UNSA, la CFTC et la CGC, les syndicats dit réformistes sont désormais en première ligne même s’ils étaient à la fin du cortège. C’est dire si les propositions du Premier Ministre n’ont pas convaincu. Y compris ceux qui considèrent que la retraite par points est une réforme de justice sociale.

Autre donnée du jour, à l’instar de mes amis Véronique et Manu profs de lycée, c’est la mobilisation très importante des enseignants, il est vrai que les compensations annoncées à ces professions par Edouard Philippe sont restées très vagues.

Si je devais donner un sentiment général, c’est que le mouvement, loin de s’essouffler, a gagné en intensité et que l’espoir d’une sortie de crise catégorie par catégorie comme il l’a été fait pour les policiers (à juste titre d’ailleurs) est moins probable aujourd’hui tant la défiance s’est généralisée et globalisée.

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Maria a désormais droit de Cité

Bingo ! Pour la neuvième fois en 2019, c’est devant une salle pleine (et enthousiaste… voir la critique de Didier Codani) que la troupe des Affranchis a joué Maria et le kiosque à musique. Mais après le long séjour en janvier au théâtre de l’Eau Vive, c’est dans la belle salle du théâtre de la Cité que la représentation a eu lieu.

Merci donc à Thierry Surace et à son équipe (notamment le précieux  Gaspard régisseur haut de gamme) d’accueillir pour la deuxième fois une de mes pièces dans cette salle de référence.

Le vaste plateau de la Cité a permis à la mise en scène unanimement louée de Bernard Gaignier de prendre de l’ampleur et aux comédiens d’expérimenter de nouvelles trouvailles.

Notons également que dans le public nous avions Natura, la petite fille d’un ministre anarchiste de la République Espagnole ce qui, compte tenu du thème de la pièce, a du sens.

En attendant le reportage photos d’Éric Clément-Demange, je vous propose de pénétrer dans les coulisses une heure avant le spectacle pour être témoin de fascinantes (!!) techniques de préparation des acteurs.

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Bienvenue à la Fiat 500 des jours heureux

Comme toutes les grandes villes, Nice compte sur ses espaces publics de nombreuses oeuvres d’art contemporaines. Et, là aussi comme ailleurs, il y en a pour tous les goûts, de l’enthousiasme à la détestation. Pour ma part, j’aime beaucoup l’Arc de Bernar Venet sur la pelouse du jardin Albert 1er ( pas le truc stalinien du quai des Etats Unis) et la Conversation la place Masséna avec les « bouddhas » de Jaume Plensa même si je déplore que ces oeuvres soient dupliquées dans de nombreuses autre villes dans le monde (voir sur ce blog mon billet du 9 juin 2014 « La conversation se poursuit en Andorre« ). Mon coup de coeur va toutefois à l’œuvre de Jean-Michel Othoniel « Le confident » un banc double en aluminium rehaussé de boules de verre en couleur. Ce fut d’ailleurs le cadre d’une carte de voeux d’élus avec Dominique. À chaque voyage parisien je m’efforce de passer par la station de métro Palais Royal, oeuvre également d’Othoniel, et qui est en quelque sorte la grande soeur de l’ouvrage niçois (voir mon billet du 21 juillet 2014).

Mais j’avoue avoir été spontanément séduit par la toute nouvelle acquisition de la ville de Nice installée à l’entrée de la jetée du port grâce à la pugnacité de l’adjoint Robert Roux : Un dimanche à Nice de Stéphane Cipre. Il s’agit d’une Fiat 500 grandeur nature en aluminium équipée pour un dimanche à la plage des années 60. Cet objet, à priori inerte, exalte ce sentiment de bonheur enfantin et d’insouciance de l’époque ou, plus exactement, que nous associons à l’époque avec la distance rassurante de la nostalgie. Tout est si vrai jusqu’à la vignette de Pif le chien ! En tournant autour avec l’ami Fabien, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à un billet du blog de Dominique évoquant avec émotion lors d’un voyage autour des bouches de Kotor cette atmosphère balnéaire surannée.

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Manif n°2 : en attendant demain…

Nouvelle manifestation à Nice contre le projet de réforme des retraites. Encore beaucoup de monde dans les rues de Nice même si nous ne sommes toujours pas au niveau de 1995. Beaucoup de profs avec Véronique et Delphine, le personnel médical très mobilisé avec les internes en pointe, un groupe substantiel de gilets jaunes requinqués par le climat social de ce mois de décembre.

Mais surtout, un sentiment d’attente, même si les manifestants semblaient affirmer le contraire il est vrai que l’intervention du Premier Ministre sera un moment très important dans ce bras de fer engagé entre les syndicats et la majorité gouvernementale et présidentielle. D’où un parfum d’entre-deux qui a plané tout au long de l’après midi  entre la gare Thiers et Garibaldi.

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