IESTS 2018 : cap sur l’Université

IESTS - 1
A l’invitation du directeur Philippe Fofana, je me suis rendu avec deux régionaux de l’étape, Sami Cheniti et Fabien Castejon, aux voeux de l’IESTS, l’Institut d’Enseignement Supérieur de Travail Social.

Il est vrai que j’aime bien cette institution, ses cadres et ses enseignants qui accomplissent un travail considérable en faveur de la professionnalisation du social. Et logiquement j’y retrouve de nombreux amis.

Mais cette année 2018 va être un peu spéciale pour l’IESTS car celui-ci va intégrer l’Université. L’équipe de direction s’est donné toutes les chances de réussir cette mutation en nommant comme président Albert Marouani qui a lui-même dirigé l’UNSA pendant deux mandats.

Et c’est en expert qu’Albert a expliqué que l’Université qui ne va que très rarement au-delà d’une théorie un peu desséchante a tout à gagner en intégrant une filière où on a la saine habitude de théoriser après avoir pratiqué.

Une meilleure reconnaissance des métiers du social, un champ d’intervention plus vaste pour l’Université : l’année 2018 devrait s’achever par un gagnant-gagnant qui profitera au social mais pas qu’à lui.

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Federer by Enthoven

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Quel bonheur ! Un dernier « challenge » et je vois, sur les images un peu floues d’une retransmission volapük piquée sur Internet, Roger Federer lever les bras au ciel pour célébrer l’incroyable : son vingtième Grand Chelem ! En Australie.

En hommage au champion mais aussi à l’homme, je vous propose ce petit texte du philosophe Raphaël Enthoven : L’existence de Dieu est une preuve de Federer  (extrait de son dernier livre dont j’ai parlé sur ce blog le 19 janvier 2018).

Dans son traité Du ciel, Aristote présente la trajectoire de la Lune comme une frontière entre deux mondes : le monde supralunaire (au-dessus de la Lune), composé d’astres éternels, immuables et immatériels, et le monde sublunaire (de la Lune à la Terre), où règnent le changement, le hasard et la mort.

Or, au tennis, dans ce jeu cosmique où deux soleils tapent à tour de rôle sur une planète, Roger Federer, l’étoile Federer, se trouve exactement à la croisée des univers.

Il emprunte au monde supralunaire la perfection du geste pour la mettre au service du monde instable où vivent les simples mortels. Federer n’est pas un joueur de tennis, Federer est le tennis incarné. Ses balles sont des comètes, ses mouvements sont des ellipses.

Federer est une idée qui a pris le pouvoir sur un corps et lui imprime la plus haute précision dont il est capable : quand on le regarde jouer, le spectacle auquel on assiste est celui d’une matière soumise à la forme. La lumière s’est faufilée dans sa chair pour transformer ses gestes en tableaux. De là son classicisme… Federer joue en alexandrins !

Federer se tourne pour jouer son coup droit (ce qu’on a cessé d’enseigner en 1988 dans les écoles de tennis). À côté de lui, les bourricots qui avancent la jambe droite se tordent le poignet et hurlent comme des animaux qu’on égorge, ressemblent à des caniches qui se faufilent entre les jambes d’un colonel prussien.

Mais Federer n’est ni prussien, ni suisse. Il est l’intercesseur de la perfection dans un monde qui s’érode. L’émissaire, ici-bas, d’une forme de vie à laquelle nous avons accès que par des gens comme lui.

D’ailleurs Federer lui-même, en arrivant sur Terre, a du s’adapter. Un Lien qui s’incarne est soumis aux lois de la gravité, aux coups de barre ou à l’adversité d’un Djokovic. Mais c’est par la technique que Djokovic échappe à sa condition d’humain, alors que Federer y parvient par la grâce. Djokovic est un produit de la mécanique, Nadal est une création du désir. Federer est une oeuvre d’art, qui échappe au double écueil d’une technique sans âme, ou d’un pur caractère qui plafonne aux portes du sommet. 

Avec Federer, un smash de fond de court devient un lob, quand il joue entre les jambes, c’est de face. Même quand les autres l’emportent, ils ne font pas le poids. D’ailleurs, quand Federer est malmené dans une partie, on dit toujours qu’il est absent. Et c’est exactement ça. Federer est tellement fort que, quand il perd, c’est qu’il n’est pas là.

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Les radicaux s’organisent à Saint-Germain-des-Prés

Patrick Mottard et Arlette Fructus - 1

Avec Arlette Fructus

C’est dans un lieu insolite , l’Hotel de L’Industrie , place Saint-Germain-des-Prés, en face de la célèbre église et à côté de la prestigieuse et sartrienne brasserie « Les Deux Magots » que s’est tenu le premier Comité National du Mouvement Radical – Social et Libéral).

Il s’agissait, quelques semaines après le Congrès de réunification de la Porte Maillot, d’avancer dans l’installation des instances du nouveau parti. Avec en ligne de mire la volonté de raccourcir les délais fixés à l’origine (2 ans pour le national, 1 an pour le local).

C’est dans cette perspective que des délégués régionaux ont été élus. Pour la région Sud, j’ai été nommé en binôme avec Arlette Fructus, élue marseillaise (et Vice-Présidente de la Région) issue du parti valoisien. L’objectif étant que les six fédérations PACA soient opérationnelles le plus vite possible.

En résumé, du pain sur la planche mais aussi le plaisir de relever un beau défi évoqué avec Arlette pendant la sympathique cérémonie des voeux des deux coprésidents, Sylvia Pinel et Laurent Hénart, qui a suivi le Comité National.

Et pendant ce temps-là, à quelques centaines de mètres du lieu de réunion la Seine montait, montait…

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Dimanche, tous à la Cité !

Ce Dimanche « Le petit théâtre des affranchis » va jouer à nouveau à 18h les deux petites pièces de Tchekhov : « Les méfaits du tabac » et « l’ours » au théâtre de la Cité. Pour vous donner envie de voir ce très bon spectacle je ne résiste pas au plaisir de reprendre la critique que j’avais fait lors de la générale. L’an dernier nous avions fait carton plein au même endroit avec « Le Christ Rédempteur de Rauba Capeu », il doit en être de même cette année.

– La pièce elle même ou plutôt les pièces car il s’agit de deux histoires courtes comme Tchekhov en a écrit beaucoup. La première, Les méfaits du tabac, est une sorte de monologue d’un conférencier qui tout en essayant de nous intéresser aux méfaits du tabac fait le bilan de sa pitoyable vie. Au début on rit mais très vite le rire se fige. La deuxième, L’Ours, est le choc entre une veuve soi-disant éplorée et un créancier soi-disant féroce. Là on est dans la pure comédie.

– La mise en scène elle aussi double. Didier Veschi, pour la première pièce, joue la carte de la sobriété pour favoriser l’émotion. Dans la seconde, Bernard Gaignier a oeuvré pour que le personnage féminin de victime accède au statut de manipulatrice en chef, ce qui était probablement l’intention de l’auteur (Mais on ne sait pas, c’est l’inconvénient de travailler avec des auteurs morts… Mottard lui il répond toujours !)

– Les acteurs : dans la première pièce, Bernard Gaignier, émouvant en diable, fait une de ses meilleures prestations. Et je connais bien la carrière du maître ! Dans la deuxième, Didier Veschi et Eva Siegle (la récitante de 1er Mai, place Maurice Thorez) se livrent à un duel de feu, machisme brutal et benêt d’un côté, rouerie machiavélique de l’autre. Un régal ! N’oublions pas Philippe Testori qui a le privilège d’apparaitre dans les deux actes en donnant beaucoup d’humanité à ce qui, au départ, n’étaient que des rôles silhouettes.

-Et comme souvent, les décors sont signés Patrick Carnicelli !

 

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Je suis …un gardien de prison !

Ces femmes et ces hommes sont chaque jour au front. Pour la société, pour nous les citoyens bien au chaud.

Face à l’irresponsable surpopulation des prisons ( droite-gauche: match nul ), à la trouille démagogique des élus locaux qui ne veulent pas froisser leurs populations ( tout le monde veut des prisons , mais loin de chez soi …) et il faut bien le dire à l’indifférence de l’opinion publique ils sont bien seuls, les gardiens de prison.

Et depuis quelques temps face aux islamistes c’est leur vie qui est en danger pour un salaire de misère.

A ces fonctionnaires qui ont la responsabilité d’un service public essentiel de la République nous devons donner les moyens nécessaires mais encore plus : notre reconnaissance !

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86-69-21, le tiercé de Gump !

Yannerie River, Australie

Depuis 2008, je joue à Forrest Gump à travers le monde en réalisant des raids matinaux (généralement juste au lever du soleil) de 7 à 25 km à travers les villes que je visite.

Tous les deux ou trois ans, je relève les compteurs sur ce blog (la dernière fois, le 15 mars 2016 « Cuneo, le 68e raid de Gump« ).

Barcelone

Je fais donc aujourd’hui une mise à jour qui me rappelle de bons souvenirs car l’année 2017 a vu par exemple Gump courir sur la 5th avenue de New York, les Ramblas de Barcelone, la place Saint-Pierre de Rome ou franchir le cercle arctique à Jokkmokk en Suède. Il faut dire que 2016 n’était pas mal non plus avec cinq raids australiens dont, en bouquet final, la célèbre course Sydney-Bondai (14 km).

Sydney-Bondai

Depuis le dernier post, ce sont en tout 16 villes qui ont été traversées (pour 18 raids car Barcelone et New York comptent pour deux courses). Les 14 autres villes sont Clermont-Ferrand, Paris, Mâcon (France), Perth, Yannerie River, Port Hedland, Fitzroy, Sydney (Australie), Rome (Italie), Malmö, Jokkmokk (Suède), Narvik, Tromsö (Norvège) et Jyvaskylä (Finlande).

Pour Paris, il s’agit… du 18e raid, pour New York des 4e et 5e. Sinon, nous en sommes à 21 villes US, 5 australiennes, 5 espagnoles, 4 françaises, 4 canadiennes, 4 italiennes (je vais faire mieux à l’avenir, Manu !)… etc !

Nous en sommes donc au total à 86 raids dans 60 villes et 21 pays : 86-60-21… le compte est bon !

Jokkmokk, Cercle arctique

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Les pages que j’aurais aimé écrire (17)

Le dernier livre de Raphaël Enthoven, Morales provisoires, regroupe environ deux cents   petits textes de réflexion sur le réel au jour le jour. Que font les féministes est un de ces textes.

 

Dorsa Derakheshani a 19 ans, elle est grand maître international d’échecs, et elle a vu s’envoler tout espoir d’intégrer un jour l’équipe nationale iranienne après avoir participé, sans voile, au tournoi de Gibraltar. Rien de surprenant à cela.

Il faut rappeler qu’en Iran , les pères ont le droit d’épouser leur fille adoptive ( dès l’âge de 13 ans), qu’une femme vaut la moitié d’un homme dans le droit à l’héritage, que les sanctions ( en cas de crime commis sur une femme) sont divisés par deux, que le témoignage de deux femmes vaut celui d’un homme et que les femmes n’ont pas le droit d’être juges. Les femmes n’ont pas le droit de chanter ni de danser. Elles ne peuvent exercer un métier ni voyager sans l’autorisation de leur mari. Enfin, l’adultère est réprimé par la lapidation, et l’indécence est puni de morsure. L’Iran d’aujourd’hui , c’est l’enfer des femmes.

Ce qui est plus étonnant, c’est que Dorsa Derakheshani ne soit pas aujourd’hui un symbole universel de la lutte pour les droit des femmes . Que font les féministes ?

Certaines affirment que ( Dieu merci) l’Iran n’est pas la France et qu’on ne saurait les comparer. Or nul n’y prétend. Et pour cause: l’Iran est une théocratie gynophobe où les femmes sont traitées comme de la merde. Qui oserait établir le moindre parallèle entre les deux?

Ce qu’il est possible de comparer, en revanche, c’est, d’un côté, la ferveur des « féministes » attachées à défendre ( au nom de la liberté) le droit de porter le voile dans un pays qui ne l’interdit pas ( la France) et, de l’autre, l’atonie, l’indifférence, le silence obstiné des mêmes féministes quand une Iranienne se voit interdire de pratiquer sa discipline parce qu’elle le fait tête nue. Faut il être islamophobe, mépriser les musulmans et consentir à ce que leur religion soit défigurée pour accepter qu’une telle injustice soit infligée aux femmes au nom de l’Islam ! Il est plus urgent de lutter pour le droit d’enlever le voile en Iran que pour le droit de le porter en France, mais l’un ne va pas sans l’autre.

Les femmes ont , partout dans le monde , le droit de se couvrir la tête. La servitude est licite quand elle est volontaire. Tout va bien. L’inverse, en revanche, leur est interdit dans de nombreux pays. Et quiconque défend le droit de porter le voile ici ne peut pas ne pas défendre le droit de l’enlever là-bas, sous peine de se contredire ouvertement et de reconnaitre que , dans son esprit , « la liberté » n’était qu’un passe-droit.

Bref, même si l’un ne va pas sans l’autre , il est plus urgent de lutter pour le droit (toujours à conquérir ) d’enlever le voile en Iran, que le droit (acquis) de le porter en France.

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Copain, copine…

couple

Le vocabulaire peine parfois à suivre les réalités sociologiques. De plus en plus de couples se forment sans ressembler à ceux du passé. Ce sont généralement de jeunes adultes qui décident de vivre ensemble une relation sans qu’il y ait obligatoirement à la clé une cohabitation, encore moins un projet familial ou un mariage. Les belles familles adoptent avec désinvolture ces supplétifs sans toutefois les intégrer vraiment. Ce qu’ils ne demandent d’ailleurs pas. Après quelques mois voire quelques Saint Valentin le couple se sépare souvent rapidement et les deux ex repartent vers de nouvelles aventures. Sans drame.

Or il se trouve que notre vocabulaire n’a pas de mot pour qualifier ces couples éphémères :

– « Fiancé(e) » est quelque peu vintage et recouvre de toute façon une réalité juridique au moins jurisprudentielle (et qui se fiance aujourd’hui ?)

– « Concubin(e) » est une autre notion juridique (surtout quand le concubinage est notoire…). De toute façon la dissonance du mot lui a toujours donné un côté péjoratif (je me souviens d’avoir été traité de « concubin » par un adversaire politique).

– « Amant-maîtresse » a un côté théâtre de boulevard et portes qui claquent. Et bien sûr une connotation sexuelle très réductrice.

– « Ami(e) », trop large, reste ambigu sauf peut être pour les couples homosexuels. De plus le mot est surexploité avec toute une floraison de « meilleur(e) ami(e) » sur les réseaux sociaux.

–  » Compagnon-compagne » pourrait être assez juste mais par son abstraction peut aussi s’appliquer à un époux ou une épouse.

– « Pacsé-pacsée »est un cadre juridique moderne précis donc inopérant.

-« Mon chéri- ma chérie » sont vraiment too much…

Du coup, en panne de mots, l’usage va choisir probablement le plus mal adapté : « copain-copine » (après il est vrai un court passage par « petit copain » et  » petite copine » clin d’oeil appuyé en prime !) :
« Le copain de ma fille vient diner ce soir »
 » La copine de mon frère est avocate »

En effet, copain (celui avec qui on partage son pain) et a fortiori le très laid copine sont des mots déconnectés de la réalité de ces nouveaux couples. On est loin des copains de Jules Romain, des copains d’abord de Brassens ou même du Salut les copains de Daniel Filipacchi.

Que font nos académiciens ? Au lieu de courir derrière les tics et les NTIC, ils feraient bien de revenir à l’éthique du français. Par exemple en inventant un joli mot pour qualifier ces nouveaux couples. Ainsi libérés, les copains pourraient redevenir des potes et les copines qui sait… des potines !

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Voeux 2018 : le discours

Voici le texte intégral de mon intervention lors de notre présentation de voeux.
(Celui de Dominique est disponible sur son blog)

Avant de parler de 2018, comment ne pas évoquer au préalable cette extraordinaire année 2017. Extraordinaire au sens littéral du terme. Une année où la République est passée près du gouffre.
– Souvenez-vous des intentions de vote et du climat pro-FN d’il y a un an !
– Souvenez-vous de cette hypothèse hallucinante du risque d’un deuxième tour extrême droite – extrême gauche (même si, dans mon esprit l’une n’est pas assimilable à l’autre).
– Souvenez-vous, en début d’année, de la quasi-certitude qui s’était emparée du pays d’avoir à subir le programme de François Fillon à côté duquel celui de Madame Tatcher semblait avoir été inspiré par des boyscouts collectivistes !

Heureusement, à l’arrivée, les électeurs ont balayé ces sombres nuées du ciel de la République. Et nous avons hérité d’un Président atypique issu de l’équipe sortante mais bien positionné au centre de l’échiquier politique.

Depuis, nous pouvons reconnaître qu’il incarne bien la fonction, qu’il décide (l’indécision fut la plaie du précédent quinquennat) et que, grosso modo le facteur chance qui lui a été favorable tout au long de la campagne ne l’a pas abandonné pour ses premiers mois de présidence. Mais, comme disait Jules Renard : « Il y a des moments où tout réussit. Il ne faut pas s’effrayer. Ça passe ».

Et en tant que responsables politiques, il est de notre devoir à moyen et long terme de s’interroger sur cet avenir forcément incertain. D’autant plus incertain que la situation politique est inédite. En effet, pour la première fois sous la Ve République, le parti du Président a décidé de ne pas être un véritable parti.

À côté de cela, le PS est en miettes (même si, à titre personnel, je salue les positions souvent courageuses de son responsable dans les Alpes-Maritimes, Xavier Garcia). Quant aux Républicains, ils ont fait le choix de la marginalisation, pendant que Mélenchon a, semble-t-il, fait une croix définitive sur la gauche de gouvernement. Jusqu’au FN – et là je ne vais pas pleurer – qui a explosé en vol.

Or, si nous avons vu d’un bon œil l’aventure Macron (n’était-elle pas, au niveau national, une démarche similaire à celle que nous avions – toutes proportions gardées bien sûr – initiée à Nice avec Gauche Autrement ?), le vide politique sidéral sur lequel elle a débouché ne peut qu’inquiéter les démocrates. Si la nature a horreur du vide, la politique aussi.

C’est précisément dans ce contexte où les réseaux sociaux ont remplacé la démocratie représentative, que se justifie la réunification des Radicaux. En effet, quand les radicaux de gauche s’unissent avec les radicaux qui ne se sentaient plus à l’aise à droite, cela a du sens.

C’est que pour nous, la République a besoin des partis politiques capables de structurer un projet, d’organiser le militantisme et de former les futurs élus. Et bien sûr d’animer dignement le débat politique. Que ce soit le Mouvement radical, le plus vieux parti de France, qui donne l’exemple est symbolique.

Le radicalisme, cette vieille idée neuve, est nécessaire à la République dont elle a toujours été la source vive. Au moment où celle-ci est attaquée de toute part, il y a une urgence radicale. Et là, il ne faut pas se le cacher, il existe des divergences parfois importantes avec ce Président dont nous approuvons la démarche générale et le positionnement courageux sur l’Europe. Sans oublier, également, la présence de deux ministres radicaux, Jacques Mézard et Annick Girardin à des postes importants du gouvernement.

– Il en est ainsi sur un thème fort qui est un peu l’ADN des radicaux : la laïcité. Le compte n’y est pas, loin de là. La reconduction de l’ambigu Jean-Louis Bianco à la tête de l’Observatoire de la laïcité est une entrée en matière décevante. Un Président qui stigmatise une prétendue « radicalisation de la laïcité » inquiète. Jusqu’à ce report du discours annoncé sur la laïcité qui peut laisser perplexe.
Nous, nous sommes pour une République fière de ses valeurs qui se bat sans concession contre l’intégrisme et sa conséquence, le communautarisme. Une République qui est « toujours Charlie » et qui se bat pour une laïcité exigeante capable, par exemple, de poser sereinement mais fermement des questions aux responsables musulmans sur la place des femmes dans la société et la place du politique vis-à-vis de la religion.

– Autre interrogation : l’équilibre entre l’économie et le social, entre la nécessaire réforme économique et le maintien du modèle social français. Sans nier l’importance et la pertinence d’une certain nombre de réformes déjà accomplies, le sentiment est fort dans le pays que la « flexisécurité » a pour le moment fait une place plus belle à la flexibilité qu’à la sécurité des salariés.
Les radicaux, eux, depuis le début du XXe siècle, sont solidaristes. Pour eux, s’il arrive qu’on soit pauvre par sa faute et riche par son mérite, la plupart du temps – et ça se vérifie encore largement dans notre société du XXIe siècle – il ne faut pas oublier qu’on est riche ou pauvre par déterminisme social. Le solidarisme, qui est l’affirmation politique de la solidarité sous toutes ses formes, ne peut trouver son compte dans une politique économique dont le curseur pencherait trop du côté des puissants.

On peut aussi s’interroger sur la lancinante question des migrants. Oui, le Président a raison de distinguer asile politique et migration économique. Ne serait-ce que pour aller jusqu’au bout et avec générosité de la logique d’intégration des réfugiés. Mais, pour autant, on ne peut pas ne pas traiter dans le respect de nos valeurs humanistes la question de l’immigration économique. C’est aussi, si on réfléchit à moyen et long terme, une question de pragmatisme.
C’est pour cela qu’avec les associations mais aussi beaucoup d’élus de la majorité présidentielle, nous serons attentifs à la loi qui est en cours de discussion. Mais allons plus loin. Pourquoi ce jeune Président qui a réussi avec un certain panache à s’imposer très vite sur la scène internationale ne profiterait-il pas de cet état de grâce pour faire d’audacieuses propositions au niveau européen et international ?

Les radicaux, c’est aussi dans leur ADN, ont toujours été en pointe sur les sujets dits « de société ». Par manque de temps, je n’en évoquerai que deux.
– L’euthanasie d’abord. Cette question est le symbole des atermoiements du précédent quinquennat. En effet, l’hypocrite loi Léonetti ne résout rien. Comme il l’a fait pour l’élargissement de la PMA, le gouvernement se grandirait en adoptant enfin cette nouvelle liberté plébiscitée par les Français même si elle est honnie par certains groupes de pression.
– L’autre question que je veux évoquer touche aux drogues douces et même aux drogues tout court. Nous avons l’une des législations les plus sévères d’Europe. Et la consommation, notamment chez les jeunes, ne cesse de progresser. Cherchez l’erreur ! Le tout sur fond de trafic qui gangrène des territoires entiers de la République. Comme viennent de le faire les Californiens, il convient de sortir de l’hypocrisie. Les radicaux seront là pour le rappeler.

Sur le plan local, je n’ai pas grand-chose à rajouter à l’exposé de Dominique ni sur l’excellent travail qui est accompli avec Marc Concas et le Shadow cabinet extrêmement efficace qu’encadrent Colette et Fabien. Juste un mot pour dire que le débat politique préempté par deux personnalités pendant encore deux ou trois ans, ce n’est pas possible. Ce n’est pas ce que les Niçois souhaitent. DSurtout quand, on le sait bien, l’objectif de ces deux personnalités est d’utiliser le tremplin de la mairie pour servir leurs carrières nationales.
Donc, chers mais, n’en doutez pas, nous serons présents dans le débat municipal. Le moment venu, nous saurons prendre nos responsabilités. Pas pour exister, mais tout simplement parce que nous estimons que cette ville – très divisée entre quartiers de l’hyper-centre dédiés au tourisme, quartiers traditionnels négligés et quartiers périphériques à la limite du non droit – eh bien, nous estimons que cette ville mérite elle aussi un projet solidariste. Cette ville encore provinciale, cette belle endormie, doit devenir – notamment autour d’un projet culturel digne de ce nom – cette grande et belle métropole européenne et méditerranéenne que son histoire et sa géographie commandent. Mais de cela nous aurons l’occasion de parler, pas forcément dans très longtemps !

Mes chers amis, c’est le moment de conclure. Je veux le faire en évoquant une artiste qui, même si elle n’aura pas d’obsèques nationales, parle à beaucoup d’entre nous : France Gall. Et je vais bien sûr faire allusion à l’une de ses chansons. Compte tenu du ton que j’ai voulu volontariste de cette intervention, vous vous doutez bien que cette chanson ne sera pas Débranche… Ce sera plutôt Résiste. Il y a en effet dans le texte de Michel Berger quelques mots qui correspondent très bien à l’état d’esprit de Dominique et de moi-même en ce début d’année 2018 :
Résiste
Prouve que tu existes
Refuse ce monde égoïste
Bats-toi, signe et persiste.

Oui, c’est cela, chers amis, avec vous, on va signer, on va persister, on va se battre.

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2018 : Radicalement vôtre !

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Il a fallu à nouveau repousser les murs de la permanence pour la traditionnelle présentation des voeux.

L’habitude a été prise depuis longtemps aussi bien en ce qui concerne Dominique que moi de ne pas faire d’invitations institutionnelles, officielles ou de convenance pour nos présentations de voeux. C’est donc devant un public d’amis que nous avons (essayé car c’était compliqué !) de décrypter l’année politique 2017 afin d’entamer sous les meilleurs auspices 2018. L’occasion aussi de rappeler que nous sommes bien décidés à prendre nos responsabilités lors des prochains rendez-vous politiques locaux.

Puis ce fut le temps de la convivialité avec la galette des rois et des discussions en aparté. Pour les plus disponibles d’entre nous ce fut l’habituel repas de la tribut gauloise en face de la Perm chez l’ami Patoch.

Ce matin sous la plume précise de Stéphanie Gasiglia, Nice-Matin a fait un bon compte-rendu de nos discours. Celui de Dominique sera néanmoins disponible sur son blog dès ce soir, le mien : demain soir.

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