Pour qui voter aux européennes ?

Les 33 listes en compétition en France pour les élections européennes ayant été officiellement enregistrées, le temps du choix est arrivé.

Européen fédéraliste de toujours, le tri entre ces nombreuses listes m’est relativement facile surtout si on écarte d’emblée les europhobes, les euroseptiques, les eurofaux-culs et Francis Lalanne.

En fait, seules trois listes sont en accord avec mes valeurs européennes. Sans ordre particulier, il s’agit de Renaissance soutenue par La République en marche et le Modem (Bayrou a toujours été clair sur son engagement européen), d’Europe Écologie présentée par EELV et de Envie d’Europe écologique et sociale présentée par le PS, Place Publique et Nouvelle Donne.

« RENAISSANCE » : s’il est un domaine  il n’y en a pas tant) où je n’ai pas grand-chose à reprocher au Président de la République, c’est bien l’Europe. Le candidat Macron avait fait une surprenante et courageuse campagne europhile, le Président a fait le job même si, minoritaire, il n’a pas vraiment réussi à impulser à ce jour une nouvelle dynamique à l’UE. La liste de Nathalie Loiseau habilement complétée par Pascal Canfin en n°2 est donc parfaitement légitime à condition qu’elle précise son projet d’une façon plus programmatique et qu’elle résiste à la tentation de faire des européennes une planche de salut de politique intérieure après une première partie de quinquennat compliquée.

« EUROPE ÉCOLOGIE » : depuis leur création les Verts ont le mérite d’avoir un vrai engagement européen. Aux dernières élections européennes, j’avais d’ailleurs voté pour eux. Yannick Jadot est une tête de liste solide qui fait souvent preuve d’un certain talent pédagogique sans pour autant verser dans l’écologie punitive. Michèle Rivasi, la numéro 2 avec qui j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’échanger, est également un atout pour cette liste. Mais Europe Écologie devra toutefois faire un effort pour ne pas succomber à la facilité d’être une liste de témoignage pour s’imposer comme une vraie liste généraliste.

« ENVIE D’EUROPE ÉCOLOGIQUE ET SOCIALE » : le rassemblement d’un PS enfin débarrassé de ses euroseptiques et de deux mouvements (Place Publique et Nouvelle Donne) qui ont pour objectif de moderniser la gauche française est à priori séduisant. La candidature Glucksmann répond à l’évidence a un besoin de renouvellement et là aussi la numéro 2, Sylvie Guillaume, que j’ai eu le plaisir de rencontrer et d’écouter sur l’Europe à la dernière fête de la Rose organisée par le PS 06 est un atout.

Sans avoir beaucoup hésité, c’est vers cette dernière liste que va se porter mon choix et pas seulement parce que c’est celle qui en a le plus besoin si on se réfère aux sondages (!). Deux raisons à ce choix :

  1. le titre même de la liste mentionne le social et je suis de plus en plus persuadé (conviction renforcée par les élections espagnoles) que les forces politiques d’inspiration sociale-démocrate ont un rôle important à jouer dans les années à venir. Le plus tôt sera le mieux : alors pourquoi pas commencer ce long travail de reconstruction dès les élections européennes ?
  2. Mon parti, le PRG (dirigé par Guillaume Lacroix), non seulement soutient cette liste, mais en est une des composantes avec notamment la candidature de Nadège Désir, maire adjoint de La Rochelle, cette ville qui fut celle de Michel Crépeau, à la fois radical, écologiste et européen convaincu. C’est pour moi l’absolue certitude que Glucksman et les autres défendront les valeurs de laïcité et éviteront toute complaisance avec le communautarisme.

Voilà, c’est dit… À vous de jouer, si possible sans oukases ou violences verbales !

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La géopolitique des LEA L3 (2e partie)

Billet promis, billet dû… Après le 1 (voir sur ce blog le 18 avril 2019), le 2.

Avec ce cours et ces TD de Droit International, les étudiants avaient la possibilité de proposer des analyses personnelles collant à l’actualité :  Brexit, conflit Inde-Pakistan, nucléaire iranien, crise au Vénézuela, guerre au Yemen… Parfois le sujet coïncidait avec la nationalité de l’étudiant : accord Italie-Chine sur la route de la soie pour les Italiennes Sonia et Francesca, reconnaissance trumpienne de la souveraineté israélienne sur le Golan par l’Israëlienne Fany, crise politique en Algérie par l’algérienne Meriem.

Mais le morceau de bravoure fut l’examen final avec trois questions importantes. Le concept de Nation est-il un obstacle à la paix ? (réponses fifty-fifty méchante ethno-Nation contre gentille Nation-patrie) ; l’ONU est-elle l’esquisse d’un gouvernement mondial ? (idée générale : y’a du boulot !) ; et enfin : quel est selon vous la question majeure que la société internationale doit résoudre à court et moyen terme ?

Les réponses à cette question ont finalement eu valeur de sondage. Une grosse trentaine d’étudiants ont opté pour la question environnementale en général et souvent pour le réchauffement climatique. Avec une bonne connaissance du dossier et une forte angoisse pour l’avenir. Alizée ne va-t-elle pas jusqu’à se poser la question d’avoir des enfants dans un tel contexte ? Une quinzaine ont pointé les inégalités entre pays mais aussi entre les individus (six mentionnant les inégalités homme-femme). Douze ont évoqué les risques de guerre et donc la question de la paix. Six ont parlé de l’Education, à peu près autant, des droits de l’Homme. Ils ne sont que cinq à évoquer la crise migratoire et trois le terrorisme.

Pour clore cette année un peu spéciale ,je ne résiste pas au plaisir de vous  communiquer le top 10 d’une des meilleures promotions de ces dernières années (ils me manquent déjà !).

  1. Chloé A.
  2. Jeanne L-B.
  3. Sonia Z.
  4. Manuia M. (la seule qui n’est pas sur la photo, elle a gentiment proposé de la prendre)
  5. Léa R.
  6. Meriem B.
  7. Elita Y.
  8. Lea G.
  9. Jessica E-H
  10. Manon V. et Ayrton M.

 

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L’emballement du Grand Débat

Pendant trois mois on n’a parlé que de lui : le Grand Débat !  Après lui, rien ne serait plus comme avant !  Ce ne serait pas seulement un tournant dans le quinquennat mais un bouleversement de la Cinquième République… voire plus  : un big-bang politique !

A l’arrivée : rien ou presque rien ! Le Président a pris une série de mesures comme il l’avait fait en décembre : ni plus, ni moins. On peut considérer qu’elles sont importantes ou insuffisantes mais en aucun cas exceptionnelles car elles ne font qu’infléchir légèrement la politique présidentielle sur le modèle de ce que font les présidents généralement à mi-mandat.

En fait, il ne pouvait pas en être autrement. Pendant trois mois, on a en effet multiplié les débats en faisant semblant de découvrir des questions qui étaient présentes dans le débat public depuis fort longtemps (l’avenir de la décentralisation, des services publics, la réforme des institutions, les options fiscales…). En fait pendant trois mois, on a enfoncé des portes ouvertes et inventé l’eau tiède.

Avec habileté, le Président et la majorité ont utilisé l’emballement suscité par ces débats disparates pour occuper le terrain : on ne peut pas leur reprocher. Que les médias se soient engouffrés dans la brèche n’est pas surprenant, le Grand Débat étant producteur d’audimat. Plus surprenante est l’attitude des opposants qui même en la critiquant ont légitimé la démarche. Quant à la participation des citoyens, nous pouvons y voir, dans une hypothèse basse, une marque de naïveté ou, dans une hypothèse haute, une soif de débat (et pas mal de temps libre si on considère qu’une majorité des participants étaient retraités).

Quant aux gilets jaunes à l’origine de ce Barnum, en clamant leur scepticisme, ils ont finalement été les seuls à apprécier correctement le phénomène. Mais il y a longtemps que leur temps politique est passé.

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Yom Hashoah et les 3671 déportés au départ de Nice

Chaque année, en Israël et partout dans le monde, un hommage est rendu lors de Yom Hashoah aux 6 millions de juifs morts durant la seconde guerre mondiale. À Nice, une cérémonie est organisée sur la colline du château et bien sûr j’y participe.

Cette année Daniel Wancier et son équipe ont placé la cérémonie sous le parrainage bienveillant des regrettés Simone Weil et Charles Gottlieb (avec qui j’ai eu le privilège de faire plusieurs voyages de la Mémoire à Auschwitz). Elle était aussi symboliquement la première étape de la construction par la municipalité d’un mur où seront inscrits les noms des 3671 déportés au départ de Nice.

La cérémonie fut particulièrement émouvante en présence d’une rescapée des camps de la mort et de nombreux collégiens niçois qui ont allumé les traditionnelles bougies. À noter également le discours particulièrement offensif du maire de Nice contre l’antisémitisme et la recrudescence contemporaine de celui-ci.

Puis une lecture des noms de chaque victime de la barbarie nazie et collaborationniste était organisée (elle était prévue pour durer plusieurs heures). J’ai eu l’honneur de faire parti des premiers lecteurs juste après Eric Goldinger, l’organisateur des voyages de la Mémoire. Ce fut pour moi la responsabilité pendant quelques secondes  d’arracher à la pesanteur gluante de l’oubli quelques membres des familles Jacob, Jablonowicz et Izralski.

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Feydeau-Grégoire : ça pulse à l’Eau Vive !

Pour sa dernière création de la saison « Le petit théâtre des affranchis » (qui cette fois s’est affranchi de son gourou Bernard G pour cause de croisière jaune) nous offre un grand classique du vaudeville patrimonial Un fil à la patte de Georges Feydeau.

Nous avons vu le spectacle vendredi et nous nous sommes beaucoup amusés. Tout d’abord nos félicitations vont à Frédérique Grégoire pour sa mise en scène ou plutôt sa mise en cadre de la pièce qu’il fallait impérativement adapter à la géographie particulière de l’Eau Vive tout en opérant quelques découpages judicieux pour alléger l’ensemble. Le résultat est bluffant : c’est ainsi qu’elle a redonné une fluidité et une cohérence au troisième acte long et confus de la version originale. Du coup j’ai préféré sa version à celle de la comédie française qu’on peut  voir sur Youtube. Quant aux décors et aux costumes conçus et réalisés par Fred et sa complice Arielle Santoni (par ailleurs très drôle dans son rôle de Comtesse), ils sont d’une qualité toute professionnelle.

L’homogénéité en qualité de l’interprétation, qui est la marque de fabrique des Affranchis, est particulièrement mise en valeur par une histoire où il y a peu de hiérarchie entre les rôles. Bien sûr, j’ai toujours une tendresse particulière pour les interprètes qui ont joué dans mes propres pièces. À tout seigneur, tout honneur : Fred et Didier Veschi sont  énormes (comme dab !) et donnent l’impression d’être soulagés en prenant un peu de distance avec Dario Fo et Cyrano pour laisser libre cours à leur fantaisie… qui est grande !

Laurent Despoisse (ex de Premier Mai, Place Maurice Thorez) à la fois élégant et roublard semble programmé pour jouer Feydeau. Philippe Testori (ex du Christ rédempteur de Rauba Capeu et de Maria et le kiosque à musique) incarne un Bouzin mémorable à la fois matois et pathétique qui peut rejoindre tête haute la cohorte de personnages plutôt pittoresques  (doux euphémisme !) que l’ami Philou a interprété ces dernières années. Huguette Veschi (la secrétaire RDA de Premier mai, Place Maurice Thorez)  joue – c’est son registre – une fausse naïve finalement plus ambiguë qu’on ne peut le penser.

Mais rassurez-vous : je ne suis pas sectaire j’ai aussi beaucoup apprécié les autres interprètes. Ainsi l’incroyable et désopilante prestation de Marc Concas en général sud-américain amoureux plus Alcatraz que nature. Hergé aurait apprécié. Quel plaisir de retrouver également mon pote de fac  Robert Chemla, irrésistible dans deux rôles de domestiques, sans oublier, en compagnie de la chanteuse réaliste (et légèrement décalée), Raphaëlle Doublier, un mini numéro de comédie musicale qui devrait ouvrir aux deux artistes les portes de Broadway. Frédéric Flipon dans un rôle pour le moins ingrat à assumer semble prendre beaucoup de plaisir. Ça tombe bien… nous aussi ! Quant à Domitille Martinet, elle apporte son charme acidulé de pauvre petite fille riche dans ce monde de portes qui claquent et de caleçons qui s’exhibent.

Bref, comme disent mes étudiants : c’était trop bien ! La preuve, je reviens en deuxième semaine. La première fois, j’étais avec un moins de 15 ans, la prochaine fois avec une plus de 90. Feydeau-Grégoire, plus fort que Tintin !

Prochaines séances au Théâtre de l’Eau vive (10 boulevard Carabacel à Nice)
Jeudi 2/5 à 20 h
Vendredi 3/5 à 21 h
Samedi 4/5 à 21 h
Dimanche 5/5 à 16 h

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Constitution-Macron : la réformette reste une réformette…

Alors qu’une grande partie du blocage politique dont est victime notre démocratie a une cause institutionnelle – l’impossibilité de mettre en cause politiquement le Président de la République et sa majorité pendant cinq longues années depuis la réforme du quinquennat – les réponses du Président restent toujours aussi faibles après le Grand Débat.

Un bon point toutefois pour Emmanuel Macron : en refusant le vote blanc et le RIC, il a tout simplement fait l’économie de deux réformes sans portée pratique. Un brin de démagogie aurait pu lui suggérer d’accepter deux mesures qui ne lui auraient rien coûté politiquement mais très populaires sur les ronds-points. Dont acte.

Quant aux propositions dans une large mesure inspirées par la réforme constitutionnelle de juillet 2018 reportée pour cause d’affaire Benalla (et que j’avais commenté ici même en son temps  le 5 avril 2018), risquons un macronisme : c’est de la poudre de perlimpinpin.

  • Sur l’introduction de 20 % de proportionnelle au Parlement : aucun effet réel sur la gouvernance. Heureusement d’ailleurs, car la proportionnelle est une redoutable machine à crises politiques et à la promotion de mini formations extrémistes propres à exercer tous les chantages (Cf. les petits partis religieux en Israël). Ces 20 % serviront uniquement à rassurer François Bayrou et à assurer le sauvetage de quelques apparatchiks incapables de se faire élire sur leur nom. Ça tombe bien, il y en a dans tous les partis.
  • La baisse de 25 % du nombre de parlementaires n’a aucun intérêt pratique, politique et démocratique. Un vague et presque dérisoire avantage financier. Mais bon, même si cette mesure se nourrit de l’antiparlementarisme (j’avais cru comprendre que le problème ce n’était pas le Parlement) comme on dit dans ma campagne, ça ne mange pas de pain. Ça n’en donne pas non plus d’ailleurs.
  • Par contre, le seuil de déclenchement du référendum d’initiative partagé ramené à 1 million de citoyens peut être positif dans la mesure où le seuil précédent avait tellement découragé les éventuels initiateurs qu’on n’avait eu aucune tentative depuis 2008 avant celle sur l’aéroport de Paris. Après, il faut avoir conscience que bien utilisé, cet instrument peut constituer une plue value démocratique, mal par contre ce peut être rapidement du n’importe quoi.
  • Le droit de pétition local lui m’a bien fait sourire. Comme élu local, je n’ai pas attendu une décision nationale pour en user dans le cadre de mes mandats. C’est grâce à lui qu’on a sauvé la Gare du Sud et le square Jeanpierre ou déplacé la ligne 1 du tram. Ne pas réinventer continuellement l’eau tiède nous permettrait de gagner du temps.
  • Quant au tirage au sort de citoyens pour remplir de nébuleuses instances au pouvoir consultatif ce sont tout simplement des postures (qui seront probablement sur-médiatisées) permettant de prolonger l’effet « Grand débat » supposé profiter à l’exécutif .
  • Restent les propositions d’un statut pour les maires et la simplification des procédures parlementaires : ce sont les arlésiennes de toutes les réformes institutionnelles depuis des décennies.

Donc, si nous résumons, la réformette Macron des institutions reste bien une réformette en 2019 après le Grand Débat. Alors que chacun sait que la seule réforme capable de redonner un souffle démocratique à notre République serait de découpler l’élection présidentielle et les élections législatives afin que, de temps en temps, les citoyens puissent soulever la chape de plomb d’un quinquennat verrouillé.

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Gino le juste, Farouk le maudit

Les livres consacrés aux sports ne sont pas toujours d’impérissables chefs-d’oeuvres mais il y a parfois de brillantes exceptions comme en témoignent mes dernières lectures, ouvrages dont les auteurs sont – pure coïncidence – de talentueux journalistes italiens.

Le premier, Un vélo contre la barbarie nazie,  est d’Alberto Toscano, un sympathique Milanais, avec qui j’ai pu échanger au dernier salon du livre de Roquebrune, le second  de Gigi Riva, rédacteur en chef de l’hebdomadaire « L’Espresso », s’intitule Le dernier pénalty : histoire de football et de guerre et m’a été offert par un responsable politique local familialement impliqué dans l’histoire récente des Balkans.

Le livre de Toscano (Armand Colin éditeur) a pour héros le grand champion Gino Bartali qui, entre deux victoires dans le Tour de France en 1938 et 1948, a refusé de se compromettre avec le régime fasciste et a permis le sauvetage de plusieurs centaines de juifs persécutés par les nazis. Gino le pieux, surnommé ainsi parce qu’il était un fervent catholique, est devenu « le facteur de la liberté ». Prétextant de longues sorties d’entraînement, il a transporté des milliers de faux papiers d’identité cachés à l’intérieur de la structure métallique de son vélo. Pédalant ainsi pendant des mois, il donne le change aux soldats ennemis admiratifs devant le champion. Etonnante et picaresque chevauchée dont l’auteur nous restitue la profonde humanité. La guerre finie, Gino refusera obstinément de parler de cette période. C’est ainsi que le titre de Juste lui sera attribué par le comité Yad Vashem… en 2013. Treize ans après sa mort.

L’essai de Gigi Riva (Seuil éditeur) se pose d’emblée une question étonnante : que ce serait-il passé si Faruk Hadzibegic, bosniaque de Sarajevo, n’avait pas raté son pénalty, le cinquième et fatidique tir au but, et qualifié ce qui était encore son pays, la Yougoslavie, en quart de finale de la Coupe du Monde de football, le 30 juin 1990 à Florence ? Et l’auteur de rêver a une victoire de l’équipe de la patrie de Tito qui aurait stoppé le processus de désintégration du pays aboutissant à cette terrible guerre civile entre Slaves du Sud. Composées de Serbes, de Croates, de Slovènes, de Macédoniens, de Monténégrins et de Kosovars, cette équipe était une petite Yougoslavie en miniature dont l’auteur nous relate les dernières aventures : une belle histoire d’hommes qui cohabitent pour assumer un destin encore commun.

Hélas, le pénalty fut manqué et on ne saura jamais si l’exploit des sportifs aurait pu stopper les vents mauvais de l’Histoire. Probablement pas. Reste un livre important qui, à partir de l’échec de Faruk, nous permet de revisiter cet épisode honteux de l’histoire européenne. On ne m’enlèvera pas de l’idée que c’est à Bruxelles qu’on aurait  du réussir le pénalty.

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La géopolitique des LEA L3 (1re partie )

Dans le cadre des TD de Droit International, nous avons vécu toute une série de débats. Ceux-ci étaient structurés par des équipes mais à la fin chacun pouvait s’exprimer par un vote individuel… et secret !

C’est ainsi que les deux TD ont voté à 59,5 % contre l’indépendance de la Catalogne. Il est vrai qu’à la fac on étudie le castillan.

Par contre, c’est à 68,5 % que l’indépendance de l’Ecosse a été plébiscitée peut-être par attachement à l’UE et surtout à Erasmus.

Même résultat pour le « Quebec libre » cher au Général De Gaulle : 60 % en faveur de l’indépendance, tabernacle !

Par contre, dans une assemblée qui ne comptait aucun Corse, l’indépendance de l’Ile de Beauté a été réfutée par 85% des présents. Situation inverse pour la Nouvelle Calédonie, malgré le récent référendum : 60,5 % en faveur de l’indépendance.

67,5 % des étudiants estiment que l’Ukraine doit retrouver sa souveraineté sur la Crimée. Par conséquent, un tiers soutient la position russe. Plus surprenant, 56 % sont pour le maintien de la souveraineté britannique sur Gibraltar même avec le Brexit. 44% soutiennent le retour à l’Espagne.

Pour Chypre, la réunification est souhaitée par 66 %, mais si personne ne soutient la position de la Turquie, un souci d’équilibre entre les deux communautés s’est exprimé.

Enfin à l’issue du débat le plus animé, une courte majorité s’est prononcée en faveur de l’indépendance de la République Sahraoui : 53 %. La position marocaine, vigoureusement défendue par Mohamed recueillant quand même 47%.

Merci aux Lea L3 Droit et aux « capitaines » d’équipes Andréa, Ayrton, Fany, Federica, Henri, Jayson, Léa, Louna, Marie et Meriem. Mais la géopolitique des L3 ne s’arrête pas à ces débats : rendez-vous est pris sur ce blog pour un autre billet, dans quelque temps (celui qu’il me faudra par exemple pour corriger le DST !).

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Venaruzzo-Duval : opéra minuscule, talents majuscules

Sabine et Caroline - 1 (1)

Dimanche dernier, nous avons eu le privilège d’assister à la générale d’un spectacle étonnant à l’opéra de Nice : « L’opéra minuscule » coproduit et joué par Sabine Venaruzzo et Caroline Duval, un spectacle musical destiné aux enfants (à partir de… 6 mois !) mais aussi aux adultes.

À travers des situations familières comme, par exemple, le baiser du soir, il s’agit de permettre aux enfants de s’approprier des sons qui peu à peu se transforment en chant. Les adultes, eux, seront fascinés par la poésie burlesque et tendre qui se dégage de ces tableaux faussement improvisés. Une alchimie subtile qui doit beaucoup au talent de chanteuses et de comédiennes de Sabine et Caroline mais aussi à la virtuosité d’une mise en scène pourtant minimaliste ( Sandrine Lebrun-Bonhomme ) et à la musique forcement lyrique mais jamais intrusive composée par Benjamin Laurent.

La notice de présentation du spectacle évoque un opéra de bébé à… pépé.  Gageons que si peu de bébés viendront sans pépé (ou papa), il y aura des pépés sans bébé pour apprécier ce spectacle à dimension multiple. La preuve : il affiche complet pour toute sa première semaine.

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« Escales », mon nouveau livre, c’est pour bientôt !

Après Fragments de Nice, Cinq de coeur et Baie des songes, Escales, mon quatrième livre, va être publié par mon éditeur « Itinéraires éditions » dans quelques semaines.

Il y sera beaucoup question d’horizons plus ou moins lointains, de frontières et de rencontres. Ce ne sera ni un guide touristique, ni un carnet de voyage, mais une promenade en forme de kaléidoscope dont la philosophie est expliquée dès le prologue et que je vous livre ici.

« L’homme qui rentre d’un voyage n’est plus, dit-on, celui qui est parti. Rien n’est plus vrai.
Toutefois cette transformation quasi-chimique peut prendre plusieurs formes. Elle peut être acquise par ajout. Les paysages, les visages, les couleurs, les parfums s’additionnent puis se cristallisent dans votre mémoire et, plus universel, vous devenez plus riche. Ce n’est pas tout à fait mon ressenti.
Pour moi, le voyage n’est pas la découverte du vaste monde mais avant tout une quête intérieure. De retour, je ne suis plus tout à fait celui qui est parti mais je suis à chaque fois un peu plus moi-même. Chaque émotion paysagère, chaque sourire partagé agissent parfois comme une réminiscence, souvent comme un révélateur. Je n’investis pas de nouvelles contrées, ce sont elles qui éveillent ce moi enfoui.
Soyons honnête, je triche un peu. Détestant les modes et le folklore, ne cherchant jamais l’exotisme ou les sensations fortes, le choix de mes voyages est presque toujours basé sur l’intuition qu’ils me correspondent peut- être même au-delà de ce que je peux espérer.
Voyager devient donc l’exploration d’un continent inconnu : soi-même.« 

 

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