Citations pour méditer (1): Leo Strauss

SI TOUTES LES CULTURES SE VALENT, ALORS LE CANNIBALISME N’EST QU’UNE AFFAIRE DE GOÛT

Cette citation-boutade de Leo Strauss pose la question du relativisme culturel très en vogue chez les communautaristes. Chaque société développe ses propres valeurs en fonction de son histoire, c’est une évidence.Mais ce constat n’empêche pas de poser la question d’une loi naturelle qu’on pourrait qualifier d’humaniste et faite de principes immuables qui gouverneraient le monde.

Pourtant on assiste à une montée en puissance de ce relativisme qui renforce le communautarisme en empêchant tout jugement sur l’inhumanité de certaines pratiques  .

Ainsi sans reprendre l’exemple du cannibalisme, pratique heureusement rare dans le monde d’aujourd’hui, pensons (entre autres, les exemples sont multiples) aux 130 millions femmes qui au nom de la tradition subissent une excision. Pourtant  il se trouve des « féministes » pour justifier cette barbarie au nom du relativisme. C’est dire a quel point la confusion des valeurs est grande dans nos sociétés et ça ne s’arrange pas depuis la mort de Leo Strauss. Bien au contraire.

 

Publié dans Uncategorized | 6 commentaires

Mes 50 séries préférées : de 34 à 32

Cette semaine une série française Canal +, une troisième série ABC (après Lost et Desperate housewives) totalement mythique et une série israélienne initiatrice.

34 – LE BARON NOIR (Eric Benzekri – Canal+ – 2016-2020 – 3 saisons – 24 épisodes de 42 mn – France)

Le parcours politique plein de rebondissements du député socialiste (fictif) Philippe Rickwaert qui en quelques années va passer de la prison à l’Elysée.

On qualifie souvent Le Baron noir de meilleure série politique française. Personnellement, j’irai plus loin en affirmant qu’il s’agit certainement d’une des trois meilleures au monde. Le scénario suit et parfois anticipe la vie politique française avec un réalisme dénué de populisme. La plupart des personnages incarnent sous une forme romancée les principaux acteurs de la politique française contemporaine. Pour avoir participé pendant quelques années aux instances nationales du PS qui sont souvent au centre de l’histoire du Baron noir, je peux témoigner pour le meilleur (parfois) et pour le pire (souvent) que le scénario de Benzekri est d’une vérité criante. Julien Dray aurait été un collaborateur fidèle de l’équipe de la série.

Deux interprètes au milieu d’une distribution excellente sont eux, époustouflants. D’abord Kad Merad dans le rôle du député revanchard mais aussi François Morel savoureux clône de Mélanchon (l’auteur de la série a travaillé dans un cabinet ministériel de celui-ci).

33 – LES ENVAHISSEURS (Larry Cohen – ABC- 1967-1968 – 2 saisons – 43 épisodes de 48 mn – USA) 

Un soir alors qu’il s’assoupit au volant de sa voiture (voir le mythique générique), David Vincent, architecte lambda est témoin de l’atterrissage d’une soucoupe volante. À partir de cet événement, il n’a de cesse de convaincre autorités et population de combattre ces extraterrestres qui, sous un apparence humaine (seule particularité : ils ont un petit doigt toujours relevé, une sorte de doigt d’honneur venu d’ailleurs !), infiltrent insidieusement la Terre afin de la coloniser.

Au premier degré, la série est palpitante avec ces foutus aliens qui inventent une multitude de stratagèmes pour investir notre civilisation. Heureusement David Vincent veille. Au deuxième degré, cette série, pur produit de la Guerre froide, nous explique comment le communisme veut détruire le monde libre de l’intérieur grâce à des espions pratiquement indétectables. The Invaders devient alors un document historique peu subtil mais finalement amusant.

Sur le même sujet (la subversion communiste) on peut voir, moins spectaculaire mais plus historique, la remarquable série de Joe Weisberg sur FX, The Americans (6 saisons de 2013 à 2018).

Extraits du préambule souvent parodié (les Inconnus) ou cité (Marine Le Pen au cours du débat de l’entre-deux tours) : David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par l’atterrissage d’un vaisseau venu d’une autre galaxie. Maintenant, David Vincent sait que les envahisseurs sont là, qu’ils ont pris forme humaine et qu’il faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé…

Les envahisseurs

32 – HATUFIM (Gideon Raff – Aroutz 2 – 2010-2012 – 2 saisons – 24 épisodes de 45 mn – ISRAËL) et pour la version américaine HOMELAND (Howard Gordon – Showtime – 8 SAISONS – 2011-2020)

Hatufim est peut-être la série fondatrice de l’exaltante production israélienne, une production qui, en nous permettant de mieux connaitre la situation de la région, nous fait connaître un peu mieux le monde et les méandres de l’âme humaine (vous l’avez compris : il y aura d’autres séries israéliennes dans ce top 50).

Nemrod, Uri, Amiel, trois soldats israéliens, sont capturés (Hatufim : enlevés) lors d’une opération au Liban puis maintenus en détention en Syrie par un groupe d’islamisées. Libérés à la suite d’un échange de prisonniers (cela leur sera reproché) dix-sept ans après, les deux premiers doivent se réintégrer en surmontant le traumatisme des mauvais traitements et de l’absence du troisième. La société, passée l’euphorie de la libération, se révèle peu accueillante et les services secrets imposent aux libérés une surveillance étouffante.

Cette série traite du thème éternel du retour souvent traumatisant des prisonniers dans une société qui n’hésite pas à faire payer cash sa mauvaise conscience à ceux qui ont souffert pour la communauté. Sans compter la suspicion d’un syndrome de Stockholm qui en fait des infiltrés potentiels. Sur un mode intimiste et psychologique, les personnages de cette série chorale jouent leur partition dans la comédie humaine dans un contexte toujours évoqué sans manichéisme, ce qui, compte tenu de l’ancrage de la production (Aroutz 2 est une chaîne privée avec mission de service public), est remarquable.

La version américaine est cette plus spectaculaire (plus « hollywoodienne » !)  mais à la fois moins crédible, moins psychologique et un peu répétitive (8 saisons au lieu de 2 ça fait beaucoup). À voir dans un deuxième temps.

 

 

Publié dans séries TV | Tagué | 10 commentaires

Pompes funèbres : les héros oubliés

pompes funèbres

En ces temps où – non sans une certaine tendance inflationniste – on célèbre les héros, c’est-à-dire les catégories professionnelles qui nous ont permis de franchir le gros de la crise sanitaire et le confinement dans les moins mauvaises conditions, il y a une catégorie injustement oubliée : les employés des Pompes Funèbres.

En effet, à l’égal des soignants, ils ont été confrontés à des situations périlleuses pour leur santé, mais celles-ci étaient prolongées par une responsabilité morale écrasante. Ils étaient, du fait des règles sanitaires qui interdisaient la présence des familles, ceux qui donnaient aux cadavres esseulés cette dernière parcelle d’humanité que nous les vivants on estime devoir à nos morts.

En pleine crise, il y a eu à la télévision ou dans les journaux quelques clichés fantomatiques de ces héros accomplissant respectueusement leurs gestes techniques dans des morgues saturées. Mais depuis, plus rien. Les responsables politiques et les médias ne sont pas avares en hommage tous azimuts mais jamais les professionnels du dernier départ ne sont mentionnés. Ce matin encore, j’ai vu un panneau d’information en ville remerciant une bonne trentaine de professions mais pas la leur et cela m’a rendu triste.

Mais qu’ils en soient assurés, il n’y a pas eu un soir où j’applaudissais sur mon balcon sans penser à eux. Merci.

Publié dans Société | Tagué , | 1 commentaire

La crise du Coronavirus sans dire une bêtise…

Au moment où on peut espérer que le gros de la crise sanitaire est derrière nous, je peux nourrir une légitime fierté. Pendant toute cette période je n’ai pas dit une seule bêtise (en lien avec les événements, restons humble !). Et je me dis que des types comme moi, il doit y en avoir d’autres mais comme les poissons volants ou les patrons de gauche, ce n’est pas le gros du genre.

Mon mérite est mince. Actant le fait que je n’avais aucune connaissance scientifique (depuis un interminable cours de première sur l’ovulation… des fougères !) et encore moins médicale, j’ai décidé de ne jamais donner mon avis sur les événements dès le début du confinement.

Je me suis donc contenté de suivre les instructions des autorités sanitaires (même quand elles changeaient de cap, l’erreur est humaine !), d’acter les choix politiques (plus clairs au niveau local qu’au niveau national mais j’ai tout respecté), de lire Nice-Matin (plus pertinent qu’une presse nationale que je lisais aussi), de suivre l’évolution de l’actualité à la télévision en début de soirée (vive Calvi sur Canal +). Sur les réseaux sociaux, ignorant un Himalaya de fakenews et un Kilimandjaro d’avis bien peu autorisés, je me suis contenté de relayer les billets de mon blog, avec des propositions d’échanges ludiques sur la culture et les voyages (bon, j’avoue aussi avoir pris du plaisir avec quelques superbes séquences artistiques de comédiennes-poètes-danseuses- dessinatrices-chanteuses que j’apprécie comme Venaruzzo, Pirdas, Genovese, Sylvie T, Monka etc…).

Résultat des courses : contrairement aux spécialistes du Café du commerce virtuel, aux illuminés des débats télévisés et aux politiques démagogues et girouettes, je n’ai eu à assumer aucune stupidité, aucune contradiction …

J’avoue avoir pris goût à cette réserve. C’est ainsi que si je participe bien volontiers au débat sur le monde d’après, je le fais avec humilité, persuadé que dans 6 mois certaines prises de position boursoufflées de certitudes nous ferons bien rire (ou pleurer !).

Publié dans politique locale, Société | Tagué | 8 commentaires

Mes 50 séries préférées : de 37 à 35

Trois nouvelles séries : deux américaines et une tchèque, la deuxième série ABC et les deuxième et troisième HBO. Avec en prime une série hollandaise.

37 – DESPERATE HOUSEWIVES (Marc Cherry – ABC – 2007-2012 – 8 saisons – 180 épisodes de 42 mn – USA) avec en parallèle JARDINS SECRETS (Linda de Mol – Tien-RTL4 – 4 saisons- Pays-Bas)

La série met en scène le quotidien mouvementé de quatre femmes : Bree, la coincée upper class, Susan, l’immature assistée, Lynette, la pondeuse frustrée et Gabrielle, la bimbo dissimulatrice (jouée par Eva Longoria aguicheuse à souhait). Elles vivent à Wisteria Lane, une banlieue chic, stéréotype des quartiers résidentiels de la classe moyenne supérieure américaine. Mary Alice, une amie des héroïnes, se suicide dès l’épisode pilote et commente d’outre-tombe et sur un ton sentencieux les intrigues drôles ou dramatiques auxquelles sont mêlées ses anciennes voisines.

L’étude sociale et les analyses psychologique de la série sont telles que le terme Desperate housewives a été adopté par le langage commun. En fait, la série prolonge avec brio ce qui était seulement esquissé dans Weeds (le numéro 47 de la présente liste), à savoir l’insupportable condition des femmes à priori privilégiées dans ces ghettos de luxe.
À peu près à la même époque, la série hollandaise Jardins secrets reprend un scénario très proche avec trois « desperates » de Gooi, la banlieue chic d’Amsterdam : à mon avis c’est encore plus féroce et drôle que la version américaine.

36 – SUR ÉCOUTE (David Simon – HBO – 2002-2008 – 5 saisons – 60 épisodes de 58 mn – USA)

La série a pour sujet la ville de Baltimore à travers la vision de ceux qui la vivent au quotidien : policiers, politiciens, syndicalistes, enseignants, journalistes…, le fil conducteur des 5 saisons étant le trafic de drogue et son impact sur tous les secteurs de la société.
Cette série chorale quasi documentaire permet par touches successives de reconstituer la réalité de cette ville multi-ethnique, tentaculaire et souvent crépusculaire. Pour avoir passé il y a bien des années une soirée étrange à Baltimore, j’ai eu l’impression que la série, après coup, me délivrait les secrets, à peine humés à l’époque, de cette étrange cité.

A noter que Sur écoute est souvent cité en première position dans les classements de spécialistes, ce ne sera pas le cas ici car la perfection absolue de cette enquête dans les entrailles de la ville est quand même austère.

35 – SACRIFICE (Agnieszka Holland – HBO –2013 – Mini-série – 3 épisodes de 80 mn – République Tchèque)

Il s’agit de la cinquième et dernière mini-série de ce top 50. Réalisée par Agnieszka Holland, l’assistante de Wajda, il s’agit (après Bruno Dumont) de la deuxième œuvre d’un cinéaste reconnu dans ce classement.

Sacrifice raconte les efforts d’un groupe de démocrates, juristes et militants, pour que le geste de Jan Palach, l’étudiant qui s’est immolé par le feu en 1969 pour protester contre l’occupation soviétique, ne soit pas récupéré ou discrédité par le pouvoir communiste.

Il faut à tout prix voir cette série qui montre à quel point le communisme «globalement positif» des dernières années était toujours «globalement stalinien». La réalisation sobre mais fiévreuse et l’interprétation très «habitée» des protagonistes en font un véritable document.

C’est en m’immergeant dans l’histoire de Jan Palach à la suite d’une visite hommage que nous lui avions rendue place Wencelas que j’ai écrit «1er Mai, place Maurice Thorez». Une uchronie où, dans Nice devenue République Soviétique, j’ai transposé l’histoire de Jan Palach. Et je dois dire que Sacrifice m’avait beaucoup aidé pour retrouver l’atmosphère de l’époque.

Publié dans séries TV | Tagué , | 6 commentaires

PRG-Le Centre Gauche : pour des lendemains qui changent…

Guillaume Lacroix

La crise sanitaire rend nécessaire une remise à plat de toutes nos croyances et de toutes nos certitudes. Chacun, à l’aune de ses valeurs et de sa place dans la société, doit le faire. Ces institutions si nécessaires à la vie démocratique que sont les partis politiques aussi.

Le PRG relève donc le défi avec 42 propositions concrètes qui sont autant d’engagements forts pour une refondation républicaine, sociale et écologique. Parmi ces propositions, qu’il nous soit permis d’en relever quelques-unes que nous sommes particulièrement impatients de défendre :

La 13 : au plan institutionnel, la seule réforme capable de sortir la Ve République de son impasse est l’élection du Président au suffrage universel indirect par l’ensemble des élus du pays avec un mandat non renouvelable. Cette mesure courageuse (remettre en cause l’élection du Président au SUD est mal vue y compris par ceux qui se plaignent des effets de l’hyper-présidence) permettra au gouvernement et au Parlement de diriger vraiment le pays en se contrôlant mutuellement. Ce serait la fin du Président qui, contre vents et marées, décide de tout pendant 5 ans.

La 16 : doter les collectivités locales d’une réelle autonomie fiscale. Associée au principe de subsidiarité, ce serait un nouveau départ pour la décentralisation bancale du pays, à un moment où la crise nous a démontré l’importance et l’adaptabilité du local.

La 2 : volonté de faire de la Culture non pas une valeur d’ajustement ou un objectif plus ou moins lointain mais un véritable droit opposable pour tous les citoyens sur tous les territoires avec la mise en place d’une fondation nationale s’appuyant sur les contributions publiques et le mécénat.

La 10 : réserver 20% des postes des conseils d’administration des entreprises à des salariés élus en leur sein.

La 19 : rendre le vote obligatoire, mesure complétée par la reconnaissance du vote blanc et qui fera comprendre que voter n’est pas une option mais un devoir impératif.

La 5 : légaliser le cannabis pour des raisons de santé publique, d’ordre public et de réinsertion de tous les territoires dans la République.

La 4 : voter une loi sur le droit de mourir dans la dignité qui soit enfin claire et précise pour permettre à chacun de décider librement des modalités de sa fin de vie en cas de maladie incurable .

Par ailleurs, il n’est pas surprenant – parce qu’elle fait partie de l’ADN des radicaux et qu’elle est une des priorités républicaine de notre Président Guillaume LACROIX – de retrouver la laïcité et son renforcement en numéro 1 de la liste des propositions.

PS (sans jeu de mots !) : vous pouvez télécharger l’entier document sur le site du PRG.

Publié dans politique nationale | Tagué | 5 commentaires

Mes 50 séries préférées : de 40 à 38

Cette semaine deux américaines (la troisième CBS et la deuxième Fox) et une australienne (la quatrième mini-série).

40 – DR HOUSE (David Shore – Fox – 2004-2012 – 8 saisons – 177 épisodes de 42 mn – USA)

Gregory House est un diagnosticien de génie  qui sonde les corps pour trouver la cause de la maladie. Misanthrope, il est peu à l’aise dans les relations sociales même s’il est maître dans l’art de la manipulation. Handicapé par une jambe malade il boîte, souffre et est accro à certains médicaments. Mais, à la fois séduisant et inquiétant, les hommes rêvent d’être à sa place et les femmes dans son lit.

Je ne suis pas un fan des séries médicales alors, tant qu’à en suivre une, pourquoi pas celle-ci ? What else ? 

Il faut dire que les tribulations du couple personnage – acteur Gregory House – Hugh Laurie sont particulièrement jouissives. Sherlock Homes du diagnostic médical perpétuellement politiquement incorrect, House est un artiste du contrepied. C’est drôle et décapant .

Mine de rien, c’est aussi l’occasion d’enrichir son vocabulaire : auto-immune, lupus, Vicodin, etc…

N’en doutons pas, dans l’actualité récente, un certain professeur de Marseille a voulu nous la jouer Dr House. Qu’il me soit permis de préférer  le cynisme assumé et joyeux du modèle à la démagogie mal dissimulée de la copie .

39 – THE BIG BANG THEORY (Chuck Lorre, Bill Brady – 2007,2019 –  CBS – 12 saisons – 279 épisodes de 22mn – USA) + le spin off (série dérivée) YOUNG SHELDON (2017-2019 –  3 saisons – 65 épisodes de 22 mn)

C’est la deuxième sitcom des trois de ce top 50.

Léonard et Sheldon vivent en colocation à  Los Angeles. Ils sont tous deux des physiciens surdoués, « geeks » de surcroît, mais terriblement immatures. Ils partagent leur temps libre avec leurs amis Howard (à la maman juive à la fois encombrante et… invisible dans la série) et Rajesh (un indien tiraillé entre sa culture de son pays et l’Amérique). Leur univers  est perturbé par une voisine, la jeune Penny, sans culture universitaire mais sexy et pleine de bons sens.

The Big Bang theory est une déclinaison très originale de la sitcom « bande de copains » comme How i met your mother ou Friends. La confrontation de ces adolescents tardifs surdoués avec le monde réel est drôle, souvent même très drôle, sans jamais être racoleuse car chaque personnage a une certaine épaisseur psychologique.

Le spin-off est consacré à l’enfance de Sheldon, le génie du groupe probablement atteint du syndrome d’Asperger. Cette série dérivée est au moins aussi réussie que l’originale.

 38 – LA GIFLE (Jessica Hobbs, Matthew Saville – 2011 – minisérie, 8 épisodes de 51 mn- Australie)

A Melbourne, Hector entouré de ses proches fête son anniversaire autour d’un barbecue. Une dispute entre enfants dégénère et Harry, le cousin d’Hector, gifle Hugo le jeune enfant de sa soeur. A partir de là tout l’équilibre (supposé) de la famille vacille et, comme l’indique le sous titre de la série,  « choisissez votre camp ».

Cette banale histoire de famille se transforme en une extraordinaire observation en laboratoire sur le fonctionnement d’un groupe humain dont les personnes sont liées par le sang et l’amitié. Avec une réflexion très chirurgicale sur la notion de violence conjugale.  C’est aussi une plongée dans la société australienne puisqu’une partie de la famille est d’origine grecque et qu’une des principales héroïne est noire.

Si cette série familiale est passionnante par les questions qu’elle soulève , elle est aussi très originale par la forme : chacun des huit épisodes, tout en faisant progresser l’intrigue, est tourné en prenant la parti d’un des protagonistes. A voir et à méditer dans la mesure où la saison des barbecues post confinement est ouverte !

 

Publié dans séries TV, Uncategorized | Tagué , | 18 commentaires

Amélia, Margot, Morgane, Ymran speak English aux personnes atteintes de trisomie 21

Dans le cadre d’un projet professionnel que nous avions encadré avec Dominique l’an dernier, Amélia Quattrocchi, Margot Fraissinet Rubio, Morgane Beunard et Ymran Ismailov avaient collaboré avec l’association TRISOMIE 21-AM (dont j’ai pu apprécier comme élu l’utilité publique), organisant une magnifique conférence de sensibilisation (voir sur ce blog mon billet du 8 mars 2019 « Comprendre la trisomie 21 avec Tanguy et les LEA L2 Droit ») et toute une série de cours d’anglais.

Cette année, boostés par l’enthousiasme de leurs élèves et les encouragements de l’association, ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure en réalisant un… livre  » The manuel d’anglais » adapté aux spécificités du public. Ainsi, le livre à base d’images, de textes courts et de récapitulatifs fréquents, est un instrument efficace pour initier (et même un peu plus) les personnes atteintes de trisomie 21 à cette langue anglaise si indispensable (ne serait que pour comprendre et chanter les paroles de Hey Jude ou d’Imagine…).

Le petit exploit de cette dream team si sympathique est d’autant plus significatif qu’au départ aucun des quatre n’était concerné familialement ou amicalement par la trisomie.

Autant dire que nous sommes très fiers de voir nos étudiants être ces belles personnes qui se sont transformées en passeurs d’humanité simplement parce qu’ils ont du coeur… et du talent !

PS : on trouve l’ouvrage sur la plate forme BoD et sous forme écrite sur demande.

Publié dans culture, Société | Tagué | Laisser un commentaire

L’Europe… enfin !

Même si la nouvelle n’a pas fait la une des JT et de la presse écrite, l’accord franco-allemand du 18 mai 2020 restera historique. On l’évoquera toujours quand la crise du coronavirus ne sera plus qu’un lointain souvenir dans la mémoire collective.

En effet, sous la pression de la conjoncture, l’Allemagne a accepté ce qu’elle refusait depuis deux décennies : la mutualisation des dettes européennes c’est-à-dire, ni plus, ni moins, que la solidarité européenne. Merkel et Macron proposent que l’Europe contracte un emprunt massif de 500 milliards destiné aux régions et aux secteurs les plus touchés par la crise (pour une fois pas de saupoudrage façon « I want my money back »). Cet argent sera remboursé par le budget européen (alimenté par chaque État en fonction de sa richesse) et le remboursement ne sera pas lié à ce que chaque pays a reçu. Nous pouvons donc considérer que cet accord est l’acte fondateur d’une nouvelle solidarité européenne. Celle qui précisément avait été mise à mal par la crise grecque et le Brexit.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, l’Allemagne et la France vont également prendre des initiatives pour que l’Europe de la santé juridiquement inexistante devienne une réalité politique avant d’intégrer les Traités.

On peut ne pas être d’accord avec la politique du Président sur le plan interne mais reconnaître qu’élu sur la base d’un programme ouvertement européen, il a fait le job. Reste à souhaiter que personne, parmi les 25 autres membres de l’Union Européenne, ne remette en cause cette promesse de nouvelle frontière.

Publié dans politique internationale | Tagué | 14 commentaires

Mes 50 séries préférées : de 45 à 41

 

Toujours une domination américaine avec trois séries (dont une deuxième Showtime, une deuxième CBS et une première sitcom) mais aussi une étonnante réussite belge et un phénomène patrimonial français.

45 – BELPHÉGOR (Claude Barma – ORTF – 1965 – Minisérie – 4 x 70 mn – France ).

Belphégor, un fantôme vêtu d’une longue robe noire hante le département d’égyptologie du Musée du Louvre. Disparitions, agressions et morts suspectes se succèdent. La police se fait aider par un jeune étudiant forcément intéressé puisqu’amoureux de la fille du commissaire. Il y est question d’un malfaisant qui veut s’emparer du secret des Rose-Croix pour assouvir son goût du pouvoir.

C’est peu dire que cette histoire fantastique qui a pour décor un Louvre qui n’a pas encore sa pyramide a bouleversé la France de la télé en noir et blanc et de feu l’ORTF. Après avoir vu le spectre glisser au milieu des collections, plus un Français n’a visité un musée sans penser à lui. Un équilibre certain entre les séquences fantastiques à l’ambiance étrange et magique et les scènes de la vie quotidienne souvent légères et plutôt drôles a contribué au succès de cette histoire créée par Claude Barma. Par sa présence et son physique Juliette Gréco contribue à donner beaucoup de force aux séquences oniriques.

La grande réussite de ce Belphégor est d’être resté dans notre imaginaire comme un sommet du genre fantastique sans aucun effet spéciaux. Une raison de plus pour ne pas voir la grotesque tentative filmique de 2001 (avec Sophie Marceau dans le rôle titre) qui remplace la magie du téléfilm par des trucages digne des attractions de Disneyland.

44 – CALIFORNICATION (Tom Kapinos – Showtime – 2007-2014 – 7 saisons – 84 épisodes de 25 mn – USA).

Hank Moody (David Duchovny, le Fox Mulder d’X-Files) est un romancier new-yorkais en panne d’inspiration exilé à Los Angeles. Séparé de sa femme Karen et de sa fille Becca, il plonge dans un univers d’alcool, de drogue et de sexe. Tiraillé entre sa vie d’avant et la dérive autodestructrice de son actuelle existence d’oisif, il est secondé pas toujours pour le meilleur par son agent Charlie Runkle qui est un des rares à croire en son talent d’écrivain.

La contradiction entre les deux aspirations de Moody produit souvent des effets comiques mais dégage au fil des saisons une forme de résignation mélancolique qui rend le personnage attachant. Mi Buchowski mi Hughe Grant, Duchovny porte Californication sur ses épaules avec talent et l’aide du divin chauve des séries US, Evan Handler (on le retrouvera !).  Une réplique pour situer cette série qui vaut beaucoup mieux que son titre : « Tu es un mec analogique dans un monde numérique ».

43 – LA TRÊVE (Benjamen d’Atouts, Stéphane Bergmans, Matthieu Donc – RTBF – 2016-2018 – 2 saisons – 20 épisodes de 52 mn – Belgique).

Dans un bourg des Ardennes belges, un jeune africain, footballeur dans l’équipe locale, est retrouvé mort dans la rivière. Un policier bruxellois mais ancien enfant du pays mène une enquête qui va révéler, en plus du coupable, toutes les turpitudes de la petite ville.

Sur la base de la première saison (je n’ai pas vu la deuxième, mais je fais crédit), je trouve que la publicité qui accompagne l’affiche n’est pas usurpée (« La meilleure série policière du moment est belge »). En effet, au cours des épisodes, nous sommes successivement persuadés de la culpabilité d’au mois dix personnages avant d’être bluffés par la révélation de l’identité du coupable. Mais La trêve est bien autre chose : par sa pugnacité à mettre à jour les turpitudes de son petit monde elle est un peu la cousine wallonne du merveilleux Twin peaks  Ce polar poisseux aux personnages glauques a beau être francophone, il est par ses décors et sa distribution (que de belles gueules même et surtout quand elles sont cabossées !) terriblement exotique.

42 – LOST (Jeffrey Lieber, J.J Abrams, Damon Lindelof – ABC – 2004-2010 – 6 saisons – 121 épisodes de 42 mn – USA ).

Le vol Sydney-Los Angeles explose en plein vol au-dessus d’une île du Pacifique non répertoriée sur les cartes. Les survivants vont très vite apprendre à cohabiter et à survivre. Mais dès les premiers jours, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls sur ce bout de terre, qui est le théâtre d’événements et d’apparitions étranges.

Lost est une fresque qui mélange fantastique, théorie du complot, surnaturel et science fiction. Sa matière est si riche qu’elle a pu décourager certains et conduire ses fans a une concurrence effrénée d’interprétations. Personnellement, ce que j’ai plus sagement aimé dans la série, c’est la normalité des protagonistes au milieu de ce déferlement d’irrationnel digne du Matin des Magiciens. Notamment au cours des flash back (ceux qui se passent en Australie par exemple) où on découvre avec délectation des histoires individuelles qui font comprendre la psychologie des personnages bloqués sur l’Ile.

Après si la complexité de l’histoire vous fait peur  vous pouvez toujours à la place suivre Khô Lanta c’est plus simple !

41 – HOW I MET YOUR MOTHER – Carter Pays, Craig Thomas – 2005-2014 –  CBS – 9 saisons – 208 épisodes de 22 mn – USA)

C’est la première sitcom de notre top 50 (il y en aura trois). Une sitcom est une série à dominante comique à épisodes courts se déroulant dans un décor récurent et avec des rires enregistrés.

À peu près dix ans de la vie de cinq trentenaires (un peu avant, un peu après) vivant à New York. Il y a Ted, celui qui va trouver sa femme (à la fin !), Marschall et Lily, le jeune couple fusionnel et un peu cucul, Barney, l’inénarrable et élégant séducteur compulsif et Robin la canadienne. À priori, on pouvait parier sur un remake de Friends : il y a bien sûr des similitudes mais la structure narrative est très différente et très cinématographique pour une sitcom. En effet, HIMYM (pour les intimes) est une série racontée : le prétexte de départ est que Ted, le personnage central, raconte à ses enfants en 2030 comment il a rencontré leur mère. Du coup, les épisodes fonctionnent en flash back d’années différentes et pas toujours chronologiques.

Même si pour ma part je trouve les personnages nettement moins riches que ceux de Friends, l‘ensemble est tout de même très, très drôle tout en abordant avec légèreté quelques questions qui traversent l’air du temps. Ce que je préfère dans la série : l’exotisme  du Canada (même anglophone) pour des Américains moyens, à travers le personnage de Robin… Pas de quoi rappeler l’ambassadeur mais comme diraient certains, on n’est pas loin de la stigmatisation, en tout cas c’est hilarant. Tabernacle !

 

 

Publié dans séries TV | Tagué | 13 commentaires