Les lieux communs en politique (5) : tous pourris sauf le maire !

Un sondage récent révèle que les Français ont une opinion négative sur leurs élus et le personnel politique tout en plébiscitant à 80% les maires. C’est une double erreur d’appréciation.

Tout d’abord, il faut bien avoir conscience qu’une très grande majorité d’élus de tout bord sont intègres et font de leur mieux pour servir l’intérêt général. Mon expérience personnelle en la matière n’est pas mince et je peux témoigner que j’ai souvent été impressionné par le niveau d’investissement de nombreux élus.

Mais bien sûr il y a des exceptions (forcément trop nombreuses) à cette intégrité et des pratiques contestables et parfois illégales qu’il n’est pas question de considérer comme résiduelles et normales.

Mais plutôt que les députés et les sénateurs sans réels pouvoirs directs, ce sont les maires (des villes comme des champs) qui peuvent le plus souvent se trouver en situation border line. Et cela pour au moins trois raisons :

  1. Le maire est le chef du personnel communal et les risques de favoritisme existent (l’emploi familial est une réalité).
  2. Le maire contrôle l’urbanisme et les risques de dérives ne sont pas négligeables (souvenons-nous du scandale des permis de construire accordés en zone inondable).
  3. Le maire est un gros pourvoyeur de subventions avec des critères d’attribution souvent flous qui peuvent conduire à des inégalités pas toujours liées à l’intérêt général.

Cela dit tout cela n’empêche pas d’aimer « son » maire : les Niçois aimaient leur maire Jacques Médecin, les habitants de Levallois-Perret aiment Patrick Balkany. Et quand on aime, on ne compte pas.

 

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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2 commentaires pour Les lieux communs en politique (5) : tous pourris sauf le maire !

  1. Patrick Carnicelli dit :

    Excellente chronique, claire, concise, fondée et argumentée.En effet, « aimer » n’est pas une opinion politique car on le sait, l’amour est aveugle, surtout quand on en tire quelques avantages personnels.

  2. Dominique Dufour dit :

    J’avais assisté, il y a de cela quelques années, à une après-midi de travail d’un assistant parlementaire attaché à un groupe d’élus du Conseil Régional. Je tiens à préciser qu’il ne s’agissait pas du PS. J’avais été intrigué de le voir passer son temps à intervenir auprès de différentes personnes dans le but de contourner les règles communes et de faire bénéficier certains d’avantages divers. La tolérance vis à vis de pratiques douteuses de certains élus vient dans doute de cela. Mon père assistait à des réunions politiques en Bourgogne dans les années trente. Un jour le député est apostrophé par un membre du Public: « Tu ne fous jamais les pieds à l’Assemblée! ». « C’est vrai » répond le Député. Mais lorsqu’il faut – et il passe en revue tous les avantages personnel qu’il a offert à certains de ses électeurs – « Je suis toujours là pour eux ». La salle se lève et applaudit à tout rompre.

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